Star Cowboy : mise en place d’une table virtuelle sous Roll20

Star Cowboy : mise en place d’une table virtuelle sous Roll20

Comme beaucoup de rôlistes de mon âge (avancé), mes compagnons de jeu et moi-même avons peu de temps à consacrer à nos aventures partagées. Les obligations professionnelles, familiales, l’éloignement de plusieurs d’entre nous (régions toulousaine, montalbanaise, agenaise, parisienne), forment des obstacles qu’il était auparavant impossible de vaincre plus de quelques rares fois par an.

Heureusement, les technologies d’internet ont permis ces dernières années l’apparition de services de tables de jeu virtuelles, des interfaces partagées en ligne où les joueurs peuvent se connecter pour interagir avec des éléments tels que des images, des plans, des cartes, peuvent lancer des dés virtuels, écouter de la musique en même temps, et se parler les uns aux autres en conférence téléphonique, voire en vidéo.

Nous avons quant à nous choisi Roll20, pour sa simplicité de mise en œuvre et la polyvalence des styles de jeu qu’elle permet. Pour de vieux briscards du jeu de rôle comme nous, la prise en main d’un tel outil n’est pas si simple, même si nous sommes technophiles. Il existe de nombreux tutoriels, en anglais ou en français, sur la toile pour s’y acclimater. Mais mettre en place une partie de FATE n’allait pas de soi, car le style de jeu est un peu particulier (Points de Fate sous forme de jetons, Aspects à écrire et utiliser à la volée en cours de partie, jets de dés).

J’ai donc décidé de vous faire partager pas à pas la mise en place de notre table virtuelle Roll20 pour Star Cowboy et la configuration nécessaire à l’utilisation de FATE/Atomic Robo avec cette plateforme.

Création de la Campagne

Roll20 est une application internet accessible depuis un navigateur, et ce gratuitement. Il suffit de créer un compte sur la plateforme. Il existe des options uniquement réservées à un compte payant, mais très franchement elles ne sont pas indispensables pour créer une partie, même en tant que meneur de jeu. Pour ce faire, il suffit de cliquer sur Create New Game, et vous voilà propulsé dans l’interface de l’application. Je vous renvoie aux nombreux tutoriels qui peuplent la Toile pour les détails sur son utilisation.

Choix de la Feuille de Personnage

Grâce à +Sioc Fate, de la communauté Google+ de FATE Francophone, vous pouvez choisir à la création une feuille de personnage FATE Core francophone parfaitement fonctionnelle. Ce n’est pas la même que celle d’Atomic Robo (les Modes manquent), mais on peut facilement s’en servir de la même façon.

Il suffit de noter les Modes comme des compétences normales, et de lister au-dessous de chacun les Compétences à leur niveau spécialisé, maîtrisé, ou nominal. En jeu, vous n’aurait qu’à cliquer sur le dé symbolisé à côté de la compétence voulue pour que l’application vous donne le résultat d’un jet de dé.

Le fond d’écran

C’est sans doute le plus long à penser. Il faut en effet loger beaucoup de choses sur une table de jeu sous FATE : les pions des personnages, les différents Aspects mis en jeu, l’échelle de résultats pour l’avoir toujours sous les yeux, et quelques petits rappels pour que les joueurs comme le meneur de jeu aient toujours à l’esprit les mécanismes particuliers des actions de FATE.

Certains multiplient les images de fond pour placer tout cela, j’ai préféré faire une seule très grande image que j’ai placée comme fond, et où chaque zone est déjà délimitée.

Les Aspects

J’ai décidé de placer mes Aspects en haut de la table, afin qu’ils soient toujours visibles. Je me sers de l’outil de texte de Roll20 pour les créer, et les place dans la zone de l’écran délimitée à cet effet. Pour Star Cowboy, il y a des Aspects de Série, des Aspects d’Épisode, des Aspects de Scène, et les Conséquences Collatérales en plus des Aspects de Personnage qui sont gérés quant à eux directement sur la fiche de chaque personnage.

Pour me retrouver dans les différentes utilisations des Aspects (boosts, utilisations gratuites), j’ai développé un code simple à retenir :

Nom de l’Aspect + autant de * qu’il y a d’utilisations gratuites suivis de l’initiale du personnage (ou son nom complet) +/- b si c’est un boost.

Membre influent de l’équipe de protection de Samuel *Spike

Permet donc à Spike (joué par Jérôme) d’invoquer l’Aspect avec une utilisation gratuite. Il ne s’agit pas d’un boost et l’Aspect restera donc valable après sa première utilisation.

Bien évidemment, il faut mettre à jour l’Aspect une fois celui-ci joué (invoqué ou contraint), en n’oubliant pas de retirer l’éventuel astérisque, ou de le supprimer totalement s’il s’agissait d’un boost.

Cela demande une certaine discipline, mais les habitués de FATE y seront déjà rodés.

Les Personnages

La création de personnages est assez simple avec Roll20. Mon habitude est cependant, pour aller plus vite, de suivre toujours la même procédure. Tout d’abord écrire une description publique. Puis, m’atteler au remplissage de la fiche. Ayant créé Star Cowboy comme je le fais pour une partie non virtuelle, je copie/colle les Aspects de Personnage, puis j’organise les compétences en suivant un ordre précis. D’abord le Mode le plus élevé sur une ligne seule, puis en dessous les compétences spécialisées qui dépendent de ce Mode, en dessous les compétences maîtrisées, encore en dessous, éventuellement, les compétences à leur niveau nominal. Puis le Mode intermédiaire, et ainsi de suite.

Ne pas oublier de régler les paramètres pour savoir si les joueurs peuvent voir le personnage et le contrôler. C’est particulièrement important pour les personnages des joueurs afin que chacun puisse contrôler le sien.

Les Points de Fate

Roll20 intègre par défaut un système de cartes à jouer que l’on peut utiliser facilement, et que j’ai détourné pour symboliser les points de Fate. En téléchargeant sur le site une image de jeton de poker un peu modifiée via Pixelmator, j’ai créé un jeu de cartes alternatif où toutes les cartes ont la même face et le même dos. Il est donc possible de s’échanger les jetons comme on le ferait avec de véritables objets. Je trouve que cela renforce le côté ludique de FATE aussi bien que l’impression familière de manipuler des objets, puisque hélas on ne jette plus les dés physiquement.

La musique

Le système de SoundCloud intégré à Roll20 permet de s’occuper de l’ambiance, mais j’avais quant à moi préparé une playlist avec de nombreux morceaux de ma discothèque. Impossible donc de passer par SoundCloud. Je désirais par exemple que les scénarios possèdent un générique de début et de fin, comme j’en ai pris l’habitude dans le jeu type « série américaine ». Impossible de trouver le générique de Breaking Bad qui me sert d’introduction pour chaque épisode de Star Cowboy.

J’ai donc cherché comment diffuser ma musique à travers WebRTC. Heureusement, je suis sous Mac, et il existe un utilitaire gratuit vraiment génial qui se nomme SoundFlower. Il permet de rediriger le son émis par l’ordinateur vers un autre programme. En suivant ce tutoriel, j’ai donc réussi à diffuser ma musique en même temps que ma voix à mes camarades de jeu.

À l’usage, cependant, il semble que la diffusion de musique dans une partie de jeu virtuelle donne un résultat très différent par rapport à un jeu sur table. L’importance du son au cours du jeu, surtout lorsqu’on n’a pas la vidéo, est primordiale pour la compréhension des situations, et nous avons trouvé que la musique pouvait devenir très gênante dans ces moments-là, alors qu’elle pourrait être stimulante en jeu réel autour d’une même table. J’ai donc appris à faire taire ma sensibilité de mélomane et de réalisateur pour ne concerner la musique qu’à certains moments-clefs. Les génériques de début et de fin, essentiellement.

Cependant, je continue à penser mes scènes en musique, et je tiens ma playlist prête à toute éventualité, au cas où…

Les petits réglages personnels

Afin d’économiser de la bande passante, mais aussi pour accentuer l’immersion, nous avons décidé de couper la diffusion et la réception vidéo dès que la partie commence. Cela évite de se disperser, et rend la transmission audio plus fluide. Comme nous utilisons Chrome ou Firefox, nous passons directement par l’interface WebRTC. Il suffit alors dans les réglages de choisir Voice Only comme paramètre de l’option Broadcast to Others et de l’option Receive from Others.

De la même manière, j’ai demandé à mes joueurs de noter le nom de leur personnage comme pseudonyme. Ainsi, pendant le cours de la partie, on a naturellement tendance à s’interpeller par le nom des protagonistes et non par celui des joueurs.

Une fois tous ces réglages effectués, la partie peut commencer. Il suffit d’envoyer à vos joueurs le lien unique créé par Roll20 et à ne pas oublier de vous laisser une petite place sur le canevas pour entasser tous les éléments qui resteront cachés jusqu’à ce que vous les leur dévoiliez.

L’interface finale ressemble à cela. Un véritable capharnaüm, non ?

La partie proprement dite

Le jeu à distance est finalement assez proche du jeu sur table, à quelques différences près, qu’il faut s’attendre à apprivoiser avec le temps, comme le changement dans la perception de la musique dans l’ambiance.

Le fait de ne pas se voir (un choix délibéré comme je le disais plus haut) fait perdre beaucoup sur la captation des intentions des autres. Il faut donc parler beaucoup plus. Et s’écouter beaucoup plus. Il devient presque tacite de respecter quelques règles pour la prise de parole. On peut aussi se servir du chat écrit pour remplacer certaines précisions. Ce chat est d’ailleurs aussi très utilisé en parallèle de la voix pour transmettre des informations confidentielles à l’un des joueurs ou au meneur, et même, ce qui m’a surpris, entre joueurs pour commenter la partie en off, faire des digressions, voire des private jokes qui sont le pain quotidien de tous les rôlistes à travers le monde. On obtient ainsi une excellente immersion tout en permettant aux joueurs de plaisanter comme ils en ont l’habitude.

Pour le meneur, une partie de jeu virtuelle demande un travail encore plus conséquent qu’une partie réelle, car on a tendance à se reposer beaucoup plus sur les images (qu’il faut avoir cherché, parfois pendant des heures, tant sur le moteur interne de Roll20 que sur le net). Il faut avoir préparé le scénario à fond, le maîtriser sur le bout des doigts afin de rebondir facilement comme en partie réelle, tout en gérant en plus une interface informatique qui, si elle est simple et ergonomique, n’en demeure pas moins un écran inhabituel entre les joueurs et soi-même. Des actions facilement réalisables avec une main, un crayon et une feuille de papier prennent plus de temps avec une interface et un clavier, et demandent d’être encore plus en multitâche que lors d’un jeu sur table réelle. Il y a de nombreuses manipulations à faire : découvrir aux joueurs tel ou tel objet jusqu’ici caché dans la couche d’image du meneur, ouvrir telle ou telle fiche de personnage, déplacer des pions… On ressort d’une partie de 4 petites heures aussi fatigué que lors d’une grande session de 12 heures de jeu réel.

Je ne sais pas si cela influe encore sur l’écriture du scénario en lui-même, mais en tous les cas cela influe sur le rythme de la session de jeu. Pour le moment, la découverte du média, celle du jeu lui-même (mes joueurs sont peu habitués à FATE), de l’univers, ont surtout occupé le temps de parole. Nous avons peu joué en style direct. Mais le rythme des actions a été plus rapide. Nous avons moins hésité sur des ponts de règle, plus passé du temps à décrire des situations. D’une certaine manière, j’ai trouvé la partie plus vivante. Était-ce dû au jeu en virtuel ou au système FATE, c’est une question non encore résolue.

Je reviendrai faire quelques comptes-rendus régulièrement, dans d’autres articles de cette série, pour tenter d’y répondre.

Vous avez d’ailleurs peut-être votre propre avis sur la question. Je suis curieux de le connaître, alors n’hésitez pas à le partager dans les commentaires.

Créer un livre électronique au format epub3, partie 2 : ePub Anatomy

Créer un livre électronique au format epub3, partie 2 : ePub Anatomy

Dans cette série d’articles, je vais vous livrer ma « recette » pour créer un livre électronique. Cette recette n’est pas la seule, car on peut lire sur la Toile de nombreux tutoriels qui sont capables de vous guider assez loin. Cependant, aucun n’a réussi à regrouper différentes astuces que j’ai mis beaucoup de temps et d’énergie à retrouver par moi-même ou grâce à des morceaux de conseils glanés ici ou là, ou même encore en décortiquant méticuleusement le code de livres électroniques écrits par d’autres.

Précédemment dans la série

Après avoir fait un tour des raisons qui peuvent pousser à mettre un livre au format ePub3 et balayé rapidement les options qui s’offraient à nous pour ce faire, nous avons appris dans la première partie comment structurer son texte dans un logiciel de traitement de texte comme LibreOffice, puis comment exporter le document ainsi mis en forme sous un format ePub avec l’extension Writer2ePub. C’est ainsi que je vous ai laissés, haletants, sur le résultat pas vraiment laid, mais pas vraiment fantastique, de Fée du Logis sur mon iPad dans le logiciel de lecture iBooks d’Apple.

Aujourd’hui nous allons donc aller plus loin et analyser le fichier que nous avons obtenu, afin de comprendre le fonctionnement d’un livre au format ePub3, et commencer, si possible, à réparer ce qui nous semble aller de travers.

Attention, cet article est déconseillé aux personnes qui seraient allergiques aux codes informatiques…

L’incision initiale : sous l’enveloppe de l’ePub

Avant toute chose, il vous faut un ePub sous la main. Soit vous suivez l’article précédent et créez votre propre ePub, soit vous pouvez télécharger la maquette d’ePub3 que je vous livre en téléchargement gratuit. Il vous suffit pour cela de renseigner votre adresse mail (que je n’utiliserai pas à d’autres fins). Vous pouvez trouver cette maquette d’ePub ici :

epub-icon

Téléchargez la maquette d’ePub3

Un fichier ePub n’est pas un fichier de texte simple. C’est plutôt un dossier de plusieurs fichiers différents, codé dans une archive .zip, mais dont l’extension de fichier a été renommée .epub. Tout cela est bien complexe, n’est-ce pas ? C’est pourquoi je préfère utiliser un programme spécifique pour ouvrir l’enveloppe du livre et mettre à nu les rouages internes.

L'ePub habillé, puis déshabillé...

L’ePub habillé, puis déshabillé…

Sur Mac, je me sers de ePub Packager. C’est une application payante, mais très efficace et très pratique : elle extrait pour moi le dossier enfermé dans l’archive et me dépose ce dossier sur le bureau de l’ordinateur. Je n’ai plus qu’à ouvrir le dossier et fouiller à l’intérieur. Je l’utilise également dans l’autre sens, une fois mon livre terminé, pour créer l’archive ePub définitive.

La fenêtre d'ePub Packager

La fenêtre d’ePub Packager

Il suffit de glisser-déposer le fichier ePub dans la fenêtre de l’application, et le scalpel virtuel vous ouvre le dossier.

En bleu les fichiers obligatoires, en vert les fichiers facultatifs

En bleu les fichiers obligatoires, en vert les fichiers facultatifs

Vous allez y trouver deux types de fichiers organisés en un squelette immuable : les fichiers obligatoires, qui sont les organes vitaux de l’ePub (en bleu sur la capture d’écran), et les fichiers facultatifs, qui en sont l’âme (en vert). Ces derniers sont essentiellement les fichiers de contenu de votre livre : le texte, les styles de texte, les images, les fontes, les fichiers audio ou vidéo qui forment votre œuvre. Nous nous y intéresserons plus tard, même si ce sera le plus important pour vous.

Il faut aussi savoir que Writer2ePub crée un fichier ePub2, ce qui n’est pas tout à fait la même chose qu’un ePub3, même si l’ADN est très proche.

Voici un exemple d’ePub3, dont je vous livre la structure plus loin en téléchargement.

Un fichier ePub3, en bleu organes vitaux, en vert âme du livre...

Un fichier ePub3, en bleu organes vitaux, en vert âme du livre…

Les changements sont minimes à cette échelle, puisqu’ils sont essentiellement constitués par l’absence de fichier .ncx, remplacé par le fichier Nav.xhtml. Ces deux fichiers ont la même fonction, ils servent à créer la table des matières du livre (ou Table of Contents en anglais, d’où le nom qui lui est souvent attribué : toc.ncx ou toc.xhtml). Vous remarquerez aussi qu’un fichier est à la fois vital et libre, c’est le fichier .opf, auquel vous pouvez donner le nom que vous voulez, du moment que vous en avez placé un dans le dossier OEBPS de votre livre.

Comme vous le voyez, une bonne part des dossiers est immuable d’un livre à l’autre. Ce qui m’a donné l’idée de me constituer une maquette, une sorte de « template » comme on dit en informatique, un « patron » à réutiliser à volonté lorsque j’ai besoin de créer un nouveau livre.

Les instruments de la dissection : l’éditeur de texte

Pour aller plus loin, vous allez devoir ouvrir les fichiers les uns après les autres pour examiner puis modifier le code. Il vous faut donc un programme que l’on appelle un éditeur de texte. Comme un traitement de texte, mais pour les codes informatiques.

J’utilise pour ma part Espresso sous Mac. Comme la plupart de ses cousins, il est capable de colorer les lignes de code en fonction de leur syntaxe pour bien reconnaître les paramètres et pour ne pas (trop) se tromper. C’est lui qui va vous permettre de corriger et de modifier l’ADN de votre ePub.

Le logiciel Espresso pour Mac, un éditeur de code.

Le logiciel Espresso pour Mac, un éditeur de code.

Grâce à ce logiciel, vous pouvez lire les fichiers codés et les modifier, puis en vérifier l’aperçu (quand le code est connu par le logiciel, ce qui n’est pas le cas de l’opf, par exemple).

Vous remarquerez que les lignes de code commencent toutes par le caractère « < » et se terminent toutes par le caractère « > ». C’est ce qu’on appelle des balises. Ces balises sont des instructions, comme des verbes dans une phrase de français. Tout ce qui sera entre les balises servira à préciser l’ordre donné dans la phrase. Il y a ainsi une syntaxe particulière à respecter, qui demande un apprentissage parfois long…

Mais pour le moment, contentons-nous d’ouvrir les fichiers de notre archive ePub avec Espresso. Pour cela soit vous glissez le fichier sur l’icône d’Espresso dans votre Dock, soit vous faites un clic droit sur le fichier que vous voulez ouvrir et vous choisissez Espresso dans le menu déroulant « Ouvrir avec ».

Les Organes vitaux de l’ePub

Ce sont des fichiers dont il ne faut jamais modifier ni le nom ni la structure, au risque de rendre votre ePub illisible.

Le fichier mimetype

Il ne contient qu’une seule ligne, destinée à faire comprendre à un logiciel comment décoder le livre. C’est un fichier que vous ne devrez jamais modifier, car la ligne de code ne doit pas varier d’un seul caractère.

Le fichier mimetype et son texte invariable au caractère près...

Le fichier mimetype et son texte invariable au caractère près…

Le fichier container.xml

Lui non plus ne devra pas être touché, sauf si vous désirez changer le nom ou l’emplacement de votre fichier .opf, qui est le véritable cerveau de votre livre. Le fichier container.xml sert en effet essentiellement à renseigner l’emplacement et le nom du fichier .opf. Il est enfermé dans un dossier dont le nom ne doit pas être modifié, le dossier META-INF.

Le fichier container.xml dans le dossier META-INF

Le fichier container.xml dans le dossier META-INF

Neurochirurgie du fichier .opf, cerveau de l’ePub

Ce fichier .opf (nommons-le « livre.opf ») est le principal pourvoyeur d’erreurs lors de la construction d’un ePub, car c’est lui qui est le plus compliqué à fabriquer correctement, tant les règles qui dictent sa constitution sont drastiques. En l’ouvrant, vous allez trouver cinq parties distinctes, dont seules quatre seront utiles en ePub3.

Le fichier .opf, sa structure

Le fichier .opf, sa structure

La première partie est constituée de lignes qui déclarant à quels langages informatiques on doit se référer. C’est assez compliqué et il vaut mieux ne rien changer à ces lignes sauf si l’on veut utiliser certaines fonctions propres à des lecteurs ePub, comme iBooks d’Apple par exemple.

<!--?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?-->
<package xmlns="http://www.idpf.org/2007/opf" unique-identifier="BookID" version="2.0">
...
</package>
Les lignes de déclaration de l'opf sans metadatas spécifiques à iBooks

Dans ce cas-là, il faut rajouter quelques précisions (vous verrez dans quels cas dans le tableau des metadatas ci-dessous).

Au passage, j’ai rajouté également xml:lang, un paramètre qui indique que nous sommes dans un ePub dont la langue est le français. Vous aurez aussi noté que la version de l’ePub est obligatoirement indiquée.

<!--?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?-->
<package xmlns="http://www.idpf.org/2007/opf" version="3.0" xml:lang="fr" unique-identifier="pub-id" prefix="rendition: http://www.idpf.org/vocab/rendition/# ibooks: http://vocabulary.itunes.apple.com/rdf/ibooks/vocabulary-extensions-1.0/" xmlns:epub="http://www.idpf.org/2007/ops" xmlns:ibooks="http://apple.com/ibooks/html-extensions">
...
</package>
Les lignes de déclaration de l'opf avec metadatas spécifiques à iBooks

Les balises metadata

Le premier rôle du fichier .opf est de déclarer les metadatas du livre, c’est-à-dire les informations essentielles sur son identité : la langue dans laquelle il est écrit, son auteur (ou ses auteurs), les éventuels collaborateurs (illustrateurs par exemple), sa date de fabrication, sa date d’édition, son éditeur, une courte description (un résumé par exemple, la 4e de couverture…), son image de couverture, les droits qui y sont liés (licence Creative Commons, Copyright…). Tout cela dans un langage hermétique qui réjouira plus ceux d’entre vous qui ont l’habitude des codes informatiques que ceux qui aiment la littérature. C’est assez abscons, mais c’est indispensable. J’ai donc décrypté pour vous la norme ePub3, et voici la substantifique moelle de ce que j’ai pu en tirer.

Encadrées par les balises metadatas, se trouvent chacun des paramètres identifiant non seulement les données essentielles de votre livre, mais aussi certaines autres données spécifiques pour des lecteurs d’ePub particuliers (dans le cas ci-dessous, pour iBooks d’Apple).

Voici comment Writer2ePub liste ses metadatas, sous une syntaxe obsolète ePub2 :

    <metadata xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:opf="http://www.idpf.org/2007/opf">
        <dc:identifier id="BookID" opf:scheme="UUID">D2ED2FE3-A418-4438-BFFF-F2BFFF17CC42</dc:identifier>
        <dc:contributor opf:role="bkp">Created with writer2epub 1.1.28 by Luca Calcinai http://writer2epub.it</dc:contributor>
        <dc:date opf:event="creation">2014-09-17</dc:date>
        <dc:creator opf:role="aut">Germain Huc</dc:creator>
        <dc:language>fr</dc:language>
        <dc:publisher>d'écaille & de plume</dc:publisher>
        <dc:title>Fée du Logis</dc:title>
        <meta name="writer2epub" content="1.1.28">
        <meta name="cover" content="cover.jpg">
    </metadata>
les metadatas ePub2 de Writer2ePub

Et voici comment les mêmes devraient êtres codées en ePub3 (avec quelques ajouts de mon cru) :

	<metadata xmlns:opf="http://www.idpf.org/2007/opf" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
	
		<dc:identifier id="pub-id">isbn:9000000000000</dc:identifier>
		
		<dc:contributor>Created with writer2epub 1.1.28 by Luca Calcinai http://writer2epub.it</dc:contributor>
		<meta refines="#contributor" property="role" scheme="marc:relators">bkp
		
		<dc:creator id="creator">Germain Huc</dc:creator>
		<meta refines="#creator" property="file-as">HUC, GERMAIN
		<meta refines="#creator" property="role" scheme="marc:relators">aut
		
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:publisher>d'écaille & de plume</dc:publisher>
		
		<dc:title id="title">Fée du Logis</dc:title>
		<meta refines="#title" property="title-type">main

		<meta property="dcterms:modified">2014-09-17T06:13:00Z

		<meta property="ibooks:version">3.0
		<meta property="ibooks:specified-fonts">true
		
		<meta property="rendition:layout">reflowable
		<meta property="rendition:orientation">portrait
		
	</metadata>
Les metadatas modifiées par mes soins

La liste des metadatas

Dans ce tableau (que vous pouvez manipuler à loisir et dans lequel vous pouvez même faire des recherches…), j’ai récapitulé toutes les metadatas de ma connaissance, pour vous indiquer comment les utiliser. Vous pouvez vous référer à l’exemple de code ci-dessus pour vous ce que cela donne en situation. Vous trouverez la syntaxe correcte et les quelques subtilités.

N’hésitez pas à m’indiquer dans les commentaires si vous trouvez des erreurs, des approximations ou des ajouts à faire. Je ferai bien volontiers les corrections et ajouts qui s’imposent.

TypeMetadataSignificationObligatoire ou OptionnelleValeurs possiblesNote
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:titleLe titre de l'ouvrageObligatoireVotre imaginaire...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:creatorLe ou les noms des créateurs (auteur, illustrateur)OptionnelVotre imaginaire...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:identifierUn identifiant pour l'ouvrage, comme l'ISBN par exempleObligatoireVotre imaginaire...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:publisherL'éditeur de l'ouvrageOptionnelVotre imaginaire...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:languageLa langue principale de l'ouvrageObligatoireToutes les langues...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:contributorLe ou les noms des contributeurs de l'ouvrageOptionnelVotre imaginaire...
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:dateLa date de publication de l'ePubOptionnelUne date quelconque au format AAAA-MM-JJ
Identification du livre : Dublin Core (dc)dc:sourceLa ou les sources de l'ouvrage (si c'est un recueil de nouvelles déjà publiées par exemple)OptionnelVotre imaginaire...
Précisions sur une baliserefinesDonne des indications sur une metadata précédenteOptionnelaut = auteur
bkd = book designer
bkp = book producer
edt = editor
cov = cover creator
ill = illustrateur
pbl = publisher
trl = translator
Rendu dans iBooks d'Appleibooks:bindingIndique si dans un livre à mise en page fixe la "pliure" du livre entre deux pages est visibleOptionneltrue, falsedans la balise package doit apparaître une ligne de définition.
Rendu dans iBooks d'Appleibooks:ipad-orientation-lockIndique si le livre est bloqué dans une orientation sur un iPadOptionnelportrait-only, landscape-onlydans la balise package doit apparaître une ligne de définition.
Rendu dans iBooks d'Appleibooks:specified-fontsIndique à iBooks qu'il doit utiliser les fontes intégrées dans l'ePubObligatoire si fontes intégrées dans l'ePub pour iBookstrue, falsedans la balise package doit apparaître une ligne de définition.
Rendu dans iBooks d'Appleibooks:versionIndique la version d'iBooks nécessaire pour lire l'ePubOptionnelUne version d'iBooksdans la balise package doit apparaître une ligne de définition.
Rendu général de l'ePubrendition:flowIndique si le rendu en flux doit être de type "site internet" ou de type "page de livre"Optionnelpaginated, scrolled-continuous, scrolled-doc, auto
Rendu général de l'ePubrendition:layoutIndique si le livre est de type mise en page fixe ou de fluxOptionnelpre-paginated, reflowable
Rendu général de l'ePubrendition:orientationIndique si le livre peut être lu en paysage, portrait, ou les deuxOptionnellandscape, portrait, auto (dans ce cas le texte sera adapté en fonction de l'orientation du système de lecture)
Rendu général de l'ePubrendition:spreadIndique si en mode paysage deux pages sont montrées ou une seule.Optionnelauto, both (dans ces cas-là, deux pages)
none (dans ce cas, une seule page même en paysage)

Le « manifeste »

La deuxième partie du fichier, la plus complexe à mon avis, est celle qui recense toutes les ressources utilisées dans le livre. De la plus petite image jusqu’aux fontes de caractères spécifiques, en passant par chaque chapitre du livre, les éventuelles vidéos ou les bandes-son, les scripts d’interactivité qui permettront aux lecteurs de contrôler des animations, les scripts css des feuilles de style qui vont vous permettre de définir la mise en page… tout, tout, absolument tout le contenu du livre doit être déclaré dans ce « manifeste », et selon une syntaxe là encore très précise.

Voici comment Writer2ePub vous aura organisé cette partie.

    <manifest>
        <item id="ncx" href="toc.ncx" media-type="application/x-dtbncx+xml"></item>
        <item id="style001.css" href="styles/style001.css" media-type="text/css"></item>
        <item id="content0001.xhtml" href="text/content0001.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
        <item id="content0002.xhtml" href="text/content0002.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
        <item id="content0003.xhtml" href="text/content0003.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
    </manifest>
Le manifeste créé par Writer2ePub

Et quant à moi, voici comment j’ai l’habitude d’organiser les choses : en regroupant les types de fichiers.

	<manifest>
  
  		<!-- contenu -->
  		<item id="page_couverture" href="page_couverture.html" media-type="application/xhtml+xml" properties="svg"></item>
  		<item id="couverture" href="Couverture.xhtml" media-type="application/xhtml+xml" properties="svg"></item>
  		<item href="Nav.xhtml" properties="nav" id="sommaire" media-type="application/xhtml+xml"></item>
  		<item href="chapitre-1.xhtml" id="Chapitre-1" media-type="application/xhtml+xml"></item>
  		  
  		<!-- styles -->
  		<item href="styles/styles_couverture.css" id="styles_couverture" media-type="text/css"></item>
  		<item href="styles/styles_roman.css" id="styles_roman" media-type="text/css"></item>
  		
  	  	<!-- fontes -->
  		<item id="epub.embedded.font.1" href="styles/TrajanPro-Regular.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.2" href="styles/socialicious.ttf" media-type="application/x-font-ttf"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.3" href="styles/socialicious.woff" media-type="application/font-woff"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.4" href="styles/GoudyStM-Italic.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
  		<item id="epub.embedded.font.5" href="styles/GoudyStM.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
  		<item id="epub.embedded.font.6" href="styles/et-line.ttf" media-type="application/x-font-ttf"></item>
  	
  		<!-- images -->
  		<item id="image_couverture" href="images/image_couverture_fee_du_logis.jpg" media-type="image/jpeg" properties="cover-image"></item>
  		<item href="images/logodedplivre_noir.png" id="logo_ecaille" media-type="image/png"></item>
  		<item href="images/photo_gh2014_livre.png" id="photo_auteur" media-type="image/png"></item>
  		<item href="images/PkdE.jpg" id="couverture_poker_d_etoiles" media-type="image/jpeg"></item>
   		  	
  	</manifest>
Mon organisation du manifeste

Vous voyez que j’ai enrichi mon livre avec des fontes de caractères précises, des feuilles de style, des images, le tout regroupé dans des dossiers spécifiques. Il est ainsi plus facile de s’y retrouver par la suite, car si vous oubliez de déclarer ici un seul élément présent dans le livre, celui-ci deviendra illisible par les lecteurs ePub

Mon conseil : à chaque fois que vous ajoutez un fichier dans votre ePub, insérez immédiatement la référence dans le manifeste du fichier .opf.

Comme vous avez aussi pu le constater, chaque fichier doit être suivi d’un code qui explicite sa nature. On appelle ça un type « mime » (non pas à cause du Mime Marceau). Il s’agit cependant de trouver le bon type mime pour chaque fichier. Vous pouvez consulter la liste de Wikipedia, ou bien directement la très longue liste qui se trouve ici. Pour ma part j’ai fait une petite liste des fichiers les plus utilisés dans un ePub, par catégorie, ce qui rend l’intégration dans le manifeste plus aisée.

Classe de fichierExtension du fichiermedia-typeproperties
Chapitre ou partie du livre.html
.xhtml
application/xhtml+xmlnav si contient la table des matières
svg si contient des images svg
scripted si contient du javascript ou une référence javascript
Fonte de caractères.otfapplication/x-font-otf
Fonte de caractères.ttfapplication/x-font-ttf
Fonte de caractères.wofapplication/font-woff
Image.jpgimage/jpeg
Image.pngimage/png
Audio.m4aaudio/mp4
Audio (ne fonctionne pas sur iPad).mp3audio/mpeg
Vidéo.m4vvideo/mp4
Vidéo (ne fonctionne pas sur iPad).webmvideo/webm
Script d'interactivité.jstext/javascript
Feuille de style.csstext/css

Chaque « item » est référencé par un nom (« id ») et par un chemin d’accès (« href »). Vous êtes libre de donner le nom de votre choix au fichier (sachant que le meilleur nom est celui qui vous permettra de savoir très rapidement à quel fichier précisément vous avez à faire), mais le chemin doit suivre les mêmes règles qu’un chemin de fichier classique sur votre ordinateur ou sur un site internet.

Par exemple mon fichier de fonte « Trajan Pro » se situe dans le dossier styles et son chemin sera donc : styles/TrajanPro-Regular.otf.

Enfin, petite subtilité qui m’a posé de nombreux problèmes, les « properties » ou propriétés de chaque élément. Il est impératif d’indiquer certaines particularités de vos fichiers. Si l’un de vos chapitres comporte une partie interactive (disons par exemple des boutons permettant de masquer ou d’afficher du texte caché), vous devrez ajouter sur la ligne de déclaration du manifeste la propriété « scripted ». Si un fichier de contenu contient la table des matières, vous devez indiquer la propriété « nav », s’il contient une image au format .svg, vous devrez indiquer « svg ». Si le fichier fait référence à plusieurs propriétés à la fois, vous devrez les séparer par un simple espace, suivant cette syntaxe :

<item id="page_couverture" href="page_couverture.html" media-type="application/xhtml+xml" properties="svg nav scripted"></item>
Syntaxe des propriétés

Il est à noter que votre livre doit contenir au moins un élément nav. Nous en verrons l’utilité dans le troisième article de cette série.

Cependant, vous pouvez déjà supprimer le fichier toc.ncx, qui ne sert à rien en ePub3

L’épine dorsale : le « spine »

La partie suivante du fichier .opf est appelée le « spine ». C’est l’épine dorsale de votre livre. L’endroit où vous spécifiez quels sont les chapitres qui constituent votre ouvrage, et dans quel ordre ils doivent être lus. Inutile, dîtes-vous ? Pas tant que cela.

Car la subtilité vient du fait que vous pouvez avoir des fichiers qui constituent des annexes de votre livre et qui ne soient pas directement accessibles dans un ordre déterminé. Par exemple, une liste de définitions que votre lecteur pourrait aussi bien consulter au début de l’ouvrage qu’au milieu d’un chapitre. C’est ce qu’on appelle des fichiers « non linéaires » (ou « non linear content » en anglais). Vous ne savez pas dans quel ordre le disposer, mais vous voulez qu’il soit accessible. Vous devez donc le déclarer dans le spine, mais avec la mention « contenu non linéaire » (ou en code : linear= “no”). Ce fichier ne sera donc pas affiché comme un chapitre normal à la suite de son prédécesseur, mais appelé lorsque le lecteur fera une action (par exemple lorsqu’il cliquera sur la miniature d’un tableau).

    <spine toc="ncx">
        <itemref idref="content0001.xhtml"></itemref>
        <itemref idref="content0002.xhtml"></itemref>
        <itemref idref="content0003.xhtml"></itemref>
    </spine>
Le spine créé par Writer2ePub

Quant à moi, dans Fée du Logis, il n’y a pas de contenu non linéaire. Le spine ressemblera donc à ceci :

  	<spine>
  		<itemref idref="page_couverture" linear="yes"></itemref>
  		<itemref idref="sommaire"></itemref>
    	<itemref idref="Couverture"></itemref>
    	<itemref idref="Chapitre-1"></itemref>
  	</spine>
Le spine modifié par mes soins

Le « guide », obsolète en ePub3

Par défaut, comme je vous l’ai déjà dit, Writer2ePub crée une structure ePub2, obsolète, mais permettant de lire votre livre sur toutes les tablettes et toutes les liseuses existantes, au prix d’un alourdissement de votre code, donc du poids de votre fichier, donc de sa réactivité. Ce sera minime, c’est vrai, mais mieux vaut optimiser les choses au maximum. Je préfère donc supprimer cette partie.

Au final, la planche anatomique d’un fichier livre.opf

Voici ce que donne le fichier créé par Writer2ePub au départ :

<!--?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?-->
<package xmlns="http://www.idpf.org/2007/opf" unique-identifier="BookID" version="2.0">
    <metadata xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:opf="http://www.idpf.org/2007/opf">
        <dc:identifier id="BookID" opf:scheme="UUID">D2ED2FE3-A418-4438-BFFF-F2BFFF17CC42</dc:identifier>
        <dc:contributor opf:role="bkp">Created with writer2epub 1.1.28 by Luca Calcinai http://writer2epub.it</dc:contributor>
        <dc:date opf:event="creation">2014-09-17</dc:date>
        <dc:creator opf:role="aut">Germain Huc</dc:creator>
        <dc:language>fr</dc:language>
        <dc:publisher>d'écaille & de plume</dc:publisher>
        <dc:title>Fée du Logis</dc:title>
        <meta name="writer2epub" content="1.1.28">
        <meta name="cover" content="cover.jpg">
    </metadata>
    <manifest>
        <item id="ncx" href="toc.ncx" media-type="application/x-dtbncx+xml"></item>
        <item id="style001.css" href="styles/style001.css" media-type="text/css"></item>
        <item id="content0001.xhtml" href="text/content0001.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
        <item id="content0002.xhtml" href="text/content0002.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
        <item id="content0003.xhtml" href="text/content0003.xhtml" media-type="application/xhtml+xml"></item>
    </manifest>
    <spine toc="ncx">
        <itemref idref="content0001.xhtml"></itemref>
        <itemref idref="content0002.xhtml"></itemref>
        <itemref idref="content0003.xhtml"></itemref>
    </spine>
    <guide>
       <reference type="cover" title="Cover Page" href="text/content0001.xhtml"></reference>
    </guide>
</package>
Le fichier .opf créé par Writer2ePub

Et voici ce qu’il devient à l’arrivée une fois que j’ai introduit les corrections qui me semblaient nécessaires, notamment renommer quelques fichiers, l’ajout des polices, des metadatas, l’organisation du « spine » et la suppression du « guide » :

<!--?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?-->
<package xmlns="http://www.idpf.org/2007/opf" version="3.0" xml:lang="fr" unique-identifier="pub-id" prefix="rendition: http://www.idpf.org/vocab/rendition/# ibooks: http://vocabulary.itunes.apple.com/rdf/ibooks/vocabulary-extensions-1.0/" xmlns:epub="http://www.idpf.org/2007/ops" xmlns:ibooks="http://apple.com/ibooks/html-extensions">

	<metadata xmlns:opf="http://www.idpf.org/2007/opf" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/">
	
		<dc:identifier id="pub-id">isbn:9000000000000</dc:identifier>
		
		<dc:contributor>Created with writer2epub 1.1.28 by Luca Calcinai http://writer2epub.it</dc:contributor>
		<meta refines="#contributor" property="role" scheme="marc:relators">bkp
		
		<dc:creator id="creator">Germain Huc</dc:creator>
		<meta refines="#creator" property="file-as">HUC, GERMAIN
		<meta refines="#creator" property="role" scheme="marc:relators">aut
		
		<dc:language>fr</dc:language>
		
		<dc:publisher>d'écaille & de plume</dc:publisher>
		
		<dc:title id="title">Fée du Logis</dc:title>
		<meta refines="#title" property="title-type">main

		<meta property="dcterms:modified">2014-09-17T06:13:00Z

		<meta property="ibooks:version">3.0
		<meta property="ibooks:specified-fonts">true
		
		<meta property="rendition:layout">reflowable
		<meta property="rendition:orientation">portrait
		
	</metadata>
	
	<manifest>
  
  		<!-- contenu -->
  		<item id="page_couverture" href="page_couverture.html" media-type="application/xhtml+xml" properties="svg"></item>
  		<item id="couverture" href="Couverture.xhtml" media-type="application/xhtml+xml" properties="svg"></item>
  		<item href="Nav.xhtml" properties="nav" id="sommaire" media-type="application/xhtml+xml"></item>
  		<item href="chapitre-1.xhtml" id="Chapitre-1" media-type="application/xhtml+xml"></item>
  		  
  		<!-- styles -->
  		<item href="styles/styles_couverture.css" id="styles_couverture" media-type="text/css"></item>
  		<item href="styles/styles_roman.css" id="styles_nouvelle" media-type="text/css"></item>
  		
  	  	<!-- fontes -->
  		<item id="epub.embedded.font.1" href="styles/TrajanPro-Regular.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.2" href="styles/socialicious.ttf" media-type="application/x-font-ttf"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.3" href="styles/socialicious.woff" media-type="application/font-woff"></item>
   		<item id="epub.embedded.font.4" href="styles/GoudyStM-Italic.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
  		<item id="epub.embedded.font.5" href="styles/GoudyStM.otf" media-type="application/x-font-otf"></item>
  		<item id="epub.embedded.font.6" href="styles/et-line.ttf" media-type="application/x-font-ttf"></item>
  	
  		<!-- images -->
  		<item id="image_couverture" href="images/image_couverture_fee_du_logis.jpg" media-type="image/jpeg" properties="cover-image"></item>
  		<item href="images/logodedplivre_noir.png" id="logo_ecaille" media-type="image/png"></item>
  		<item href="images/photo_gh2014_livre.png" id="photo_auteur" media-type="image/png"></item>
  		<item href="images/PkdE.jpg" id="couverture_poker_d_etoiles" media-type="image/jpeg"></item>
   		  	
  	</manifest>
  
  	<spine>
  		<itemref idref="page_couverture" linear="yes"></itemref>
  		<itemref idref="sommaire"></itemref>
    	<itemref idref="Couverture"></itemref>
    	<itemref idref="Chapitre-1"></itemref>
  	</spine>
  
  </package>
le fichier livre.opf modifié par mes soins

L’âme de l’ePub

C’est là le plus intéressant, puisque c’est ici que vous allez mettre en forme l’œuvre déjà écrite.

Cependant, en ouvrant le fichier avec Espresso, voici ce que vous allez trouver :

<!--?xml version="1.0" encoding="utf-8"?-->



 	 	 	 	<link rel="stylesheet" href="../styles/style001.css" type="text/css">
<title></title>











<h1 id="heading_id_1" class="center"><strong>I.</strong></h1>








 

L’agent immobilier l’attendait près de la porte de bois, sanglé dans son costume un peu trop strict, aussi emprunté que s’il avait enfilé une armure médiévale. Un beau jeune homme d’environ vingt-deux à vingt-cinq ans, à la coupe de cheveux impeccablement maîtrisée et rasé de près comme il se doit. Son regard marron perdu dans la rédaction d’un message sur son smartphone.
le chapitre créé par Writer2ePub en langage HTML

Que veulent dire ces codes ?

Ce sont là encore des balises, mais dans un langage différent de celui du fichier livre.opf. Ces lignes sont les mêmes que si votre livre avait été écrit dans un site internet, dans le langage de programmation HTML.

Quant au fichier qui commande la mise en forme de votre texte, c’est le fichier style001.css. En l’ouvrant, voici ce que vous allez lire :

@namespace h "http://www.w3.org/1999/xhtml";
@page
    {
    margin: 5pt;
    }
body
    {
    font-family: "100 %", serif, sansserif;
    }
p
    {
    margin:0pt;
    text-indent:0em;
    line-height: 1em;
    text-align: justify;
    font-size: 1.00em;
    widows: 2;
    orphans: 2;
    }
p+p
    {
    text-indent:1.5em;
    line-height: 1em;
    }
a
    {
    color:#000000;
    text-decoration:underline;
    }
h1
    {
    margin-top:4em;
    margin-bottom:2em;
    page-break-after:avoid;
    font-size: 1.20em;
    text-align: center;
    text-indent:0em;
    }
...
Le fichier style0001.css créé par Writer2ePub

Déroutant, n’est-ce pas ?

C’est tout à fait normal. Vous avez devant les yeux la traduction informatique des styles que vous avez patiemment ciselés dans votre traitement de texte. Il faut seulement vous habituer à cette traduction un peu barbare, afin de maîtriser plus rapidement cette façon de parler, et au bout du compte, corriger les quelques erreurs qui se seront glissées dans la mise en forme (puisque, vous vous souvenez ? mon texte n’avait pas la même apparence affiché par LibreOffice et par iBooks sur mon iPad).

Cet apprentissage déborde largement le cadre de cette série, puisqu’il s’agit d’apprendre deux langages informatiques (assez simples) complémentaires et imbriqués que sont le HTML5 et le CSS3.

Avant de poursuivre, il sera donc nécessaire pour vous d’aller traîner vos guêtres à cet endroit là, où vous pourrez très facilement et gratuitement (ce qui ne gâche rien) apprendre les rudiments qui vous manquent peut-être.

Les cours de HTML5 et CSS3 sur openclassroom

Les cours de HTML5 et CSS3 sur openclassroom

Lorsque cela sera fait, nous reprendrons le cours de cette série passionnante de dissection d’un livre au format ePub3 pour aller encore plus loin, dans l’épisode intitulé : Dessine-moi un ePub.

Pour vous aider à patienter, voici en bonus le lien vers la page de téléchargement de ma maquette d’ePub3. Une fois que vous avez renseigné votre adresse mail (je ne la dévoilerai à personne, je suis moi aussi contre le spam), vous pourrez télécharger le fichier, testé par mes soins sur iPad et validé par les outils officiels de l’IDPF.

epub-icon

Téléchargez la maquette d’ePub3

Créer un livre électronique au format epub3, partie 1 : structurer son texte

Créer un livre électronique au format epub3, partie 1 : structurer son texte

Dans cette série d’articles, je vais vous livrer ma « recette » pour créer un livre électronique. Cette recette n’est pas la seule, car on peut lire sur la Toile de nombreux tutoriels qui sont capables de vous guider assez loin. Cependant, aucun n’a réussi à regrouper différentes astuces que j’ai mis beaucoup de temps et d’énergie à retrouver par moi-même ou grâce à des morceaux de conseils glanés ici ou là, ou même encore en décortiquant méticuleusement le code de livres électroniques écrits par d’autres.

Introduction : pourquoi le format ePub3?

Lorsque l’on parle de livre électronique, la plupart des gens mélangent facilement tout un tas de réalités différentes, en confondant le PDF avec le format Kindle ou l’ePub. Si d’ailleurs on simplifie au maximum, même un simple fichier au format .txt pourrait être un livre électronique.
Cependant, il me semble que le véritable livre électronique doit répondre à certaines caractéristiques et tout d’abord le confort de lecture. Lire un PDF à la mise en page fixe n’est pas vraiment toujours du plus grand confort, car la taille des caractères ne s’adapte pas à la taille de l’écran sur lequel vous lisez. Ainsi, si sur un ordinateur certains textes en PDF peuvent facilement se lire, sur tablette cela devient beaucoup plus compliqué et quasiment impossible sans zoomer 4 fois sur un smartphone.

On considère donc que seuls quelques rares formats répondent aux contraintes qui définissent un livre électronique. Les deux plus importants sont l’ePub, format libre développé par un consortium regroupant différents acteurs majeurs du secteur de l’informatique (car le standard de codage est basé sur le langage informatique des pages web), et les formats Kindle développés par Amazon dans son coin, plus ou moins avec les mêmes bases mais en rajoutant des barrières. Apple a fait de même avec son format iBooks, dans le même dessein de contrôler de bout en bout la chaîne de vente et d’enfermer ses clients dans une architecture maîtrisée. Il faut néanmoins reconnaître que l’iBookstore accepte les fichiers au format ePub, ce qu’Amazon ne fait pas.

L’ePub3

La norme ePub en est à sa troisième itération majeure. Elle est basée sur un principe simple : le livre sera codé comme un site web, avec les mêmes langages, et selon les mêmes principes. Il n’y aura que quelques particularités rajoutées au code pour faire comprendre au logiciel de la liseuse ou de la tablette (un navigateur internet un peu modifié) qu’il s’agit bien d’un livre.

Cela a pour conséquence que le fond (le texte que vous avez mis tant de temps à peaufiner dans le secret de votre atelier d’écriture) sera dans un fichier séparé de la forme (la police de caractère, sa taille et les couleurs utilisées pour les gros titres, les titres intermédiaires, le corps du texte, les citations, etc.). C’est le principe même de codage des sites internet. Ainsi, vous pourrez quand bon vous semble (ou le lecteur), changer tout ou partie de la forme pour améliorer le confort de lecture.

C’était déjà le cas pour les deux itérations précédentes de la norme.
Alors, pourquoi choisir l’ePub3 qui n’est pas encore totalement supporté par tous les industriels et toutes les liseuses et tablettes ?
Tout simplement parce que c’est le format le plus prometteur et qu’il permet une véritable avancée dans la mise en page et dans les possibilités d’ajouter des images, des vidéos, de l’audio et de l’interactivité. Car il est basé sur les standards actuels du codage internet que sont les langages HTML5 et CSS3.

Ne vous inquiétez pas, derrière ces noms barbares se cachent en fait de grands cœurs qui vous donneront beaucoup de satisfaction si vous savez leur parler gentiment…

Livre de flux ou livre à mise en page fixe, telle est la question

En parlant de mise en page, cette séparation entre le fond et la forme prend tout son sens quand on sait que les liseuses et les tablettes ne donnent jamais véritablement le même rendu, et que le principe du livre électronique est celui que je vous énonçais plus haut, à savoir :

La mise en page doit pouvoir s’adapter pour rendre le confort de lecture le plus grand au lecteur.

Cette mise en page va dépendre donc de contraintes techniques telles que la taille de votre écran (7 pouces, 9 pouces, 12 pouces, au-delà), sa technologie (couleur, pas couleur, retina, pas retina), mais aussi de contraintes humaines : les difficultés de vision éventuelles de votre lecteur (il lui faudra augmenter la taille de la police de caractères pour bien voir), ses envies (tient-il sa tablette en mode portrait ou paysage pour lire ?), ses habitudes.

C’est là qu’il faut faire un choix métaphysique.
Allez-vous créer un livre dont la mise en page s’adaptera au support en prévoyant des règles dans votre mise en forme (c’est ce que l’on appelle le « flux » de données), ou bien allez-vous fabriquer un livre dont la mise en page sera fixée à l’avance, avec le moins de latitude possible pour le lecteur ?

Généralement, on choisit un livre de flux pour un ouvrage composé essentiellement de texte et où la mise en page n’est pas absolument nécessaire à la bonne compréhension du fond. Un roman, une nouvelle, seront construits selon cette philosophie.
Par contre, un livre dont la mise en page est essentielle à la compréhension (une bande dessinée, un reportage photo, un livre pour enfants avec des images à manipuler) sera conçu de manière à ce que sa forme soit la plus fixée possible, comme un PDF. Mais avec en tête le postulat que la lisibilité doit être maximum.

La différence essentielle entre les deux approches est que l’ouvrage qui en sortira sera soit lisible par à peu près toutes les liseuses et toutes les tablettes dans le premier cas (le flux étant disposé différemment selon les règles que vous aurez spécifiées pour chaque appareil dans votre codage, et laissant au lecteur la possibilité d’agrandir le texte, de se passer des images, de changer les couleurs, etc.), soit codé spécifiquement pour une marque, un type, un modèle, voire un seul logiciel dans le deuxième cas (car les règles de mise en page seront tellement draconiennes que cela vous demandera un travail énorme pour les rendre parfaites, et le lecteur ne pourra modifier ni couleurs ni taille, au risque de ruiner le but même du livre).

Le choix est donc dans le degré de maîtrise que l’on accepte de perdre sur sa mise en page. C’est assez frustrant, je dois l’avouer, lorsque l’on a envie que la forme soit aussi impeccable que le fond. Et je n’ose imaginer ce que doivent ressentir les maquettistes de formation devant cet état de fait…

Il est possible, cela dit, de mélanger un peu les deux approches et de garder la possibilité de maintenir une mise en page fixe sur certaines pages tout en conservant sur d’autre une structure de type « flux », via une astuce particulière de codage du fichier de mise en forme (le fameux fichier de CSS) dont je vous parlerai dans quelques temps.

Existe-t-il un autre Style ?

Une fois ce choix cornélien effectué sur la forme que vous voulez donner à votre création, il est temps de s’occuper du fond.
Il faut écrire. Écrire. Encore écrire. Beaucoup.

Et c’est une fois votre texte achevé, relu et encore relu des dizaines de fois, que vous allez pouvoir le préparer à devenir un vrai livre numérique.

Pour que cela soit possible, il faut donc que le logiciel de lecture comprenne où sont les titres, où est le corps du texte, où est la marge éventuelle.
Le fond doit donc porter des indications de la forme. Cela se traduit par le fait que votre texte sera codé dans un fichier HTML5 dont les balises permettront de guider le fichier CSS3 chargé de mettre en forme vos mots.

Mais écrire un livre directement en HTML5 n’est pas très agréable…

Voici ce que donne l'écriture d'un texte avec un code html5...

Voici ce que donne l’écriture d’un texte avec un code html5…

La plupart des écrivains (comme la plupart des gens d’ailleurs) se servent donc de logiciels de traitement de texte.

Mon projet "Fée du Logis" en cours d'écriture dans un traitement de texte, en l'occurrence LibreOffice.

Mon projet « Fée du Logis » en cours d’écriture dans un traitement de texte, en l’occurrence LibreOffice.

Pour ma part, allergique à la suite de Microsoft, j’ai adopté LibreOffice, et les illustrations qui suivent sont tirées de ce logiciel. Mais sachez que le principe, si ce n’est même la manière de faire, sont identique sous Word ou même Pages de chez Apple.

Tout le monde a déjà eu l’occasion de se servir au moins une fois des traitements de texte modernes comme l’un de ces trois-là.

Mais si tout le monde sait à peu près comment mettre un mot en italique ou en gras, en sélectionnant simplement le mot et en cliquant sur l’icône « italique » ou l’icône « gras » (c’est la mise en forme directe), peu de gens savent correctement mettre en forme un texte en se servant des Styles. Et pourtant c’est bien plus puissant…

Exemple de mise en forme directe en italique sous Libre Office

Tous les logiciels de traitement de texte permettent d’appliquer à des zones particulières ce qu’ils nomment en général des « Styles ». Ces Styles ne sont en fait que des formatages particuliers de la typographie, qui pourront être réutilisés facilement ensuite. Ils correspondent parfaitement à nos besoins de mise en forme puisqu’ils permettent de dire que, par exemple, « les titres de chapitre seront en Police Helvetica de taille 14 points, en gras, soulignés », et que « le corps de texte sera en Police Times New Roman de taille 11 points, normal », tandis que « les citations seront en Police Times New Roman de taille 12 et en italique ».

Les Styles pourront même s’appliquer aux paragraphes. Ainsi les paragraphes de Titre peuvent-ils être « centrés avec un espace de 20 points au-dessus du paragraphe, et un espace de 60 points en dessous du paragraphe », tandis que « le corps de texte sera constitué de paragraphes justifiés avec un espace de 5 points avant et après le paragraphe, et une indentation de la première ligne de 60 points », et « les citations seront des paragraphes justifiés avec une marge droite et une marge gauche de 70 points ». Par exemple.

Vous obtiendrez alors un texte mis en forme comme cela.

Cette étape vous permet de structurer correctement votre texte non seulement pour créer un livre électronique, mais également pour créer un livre papier. Car une fois les styles créés, vous n’aurez qu’à sélectionner un morceau de votre texte et décider de lui appliquer le format « Titre » ou le format « corps de texte ». Et s’il vous prend l’envie de changer l’aspect de votre texte, il vous suffit de changer les paramètres du Style « Titre » pour que, automatiquement, votre logiciel change tous les bouts de texte qui seront indiqués comme étant des titres.

Autre réflexe important : éliminer les sauts de ligne intempestifs. À la place, vous pouvez déterminer que le style de paragraphe utilisé laisse quelques points/pixels/millimètres de distance en haut et en bas. La raison en est que cela rend le texte plus facilement adaptable aux différentes résolutions d’écran, et que vous aurez moins de lignes veuves et orphelines dans votre texte…

Mais il y a plus encore : la hiérarchie de titres.
Le titre de votre roman n’aura pas la même forme que le titre d’un chapitre, et ils seront tous deux différents du titre d’une partie, ou de celui d’un sous-chapitre. Vous allez donc les hiérarchiser, en donnant la forme d’un « Titre1 » au grand titre de votre roman, celle d’un « Titre2 » au titre des parties de ce dernier regroupant plusieurs chapitres, celle d’un « Titre3 » aux titres des chapitres, et éventuellement une « Titre4 » aux titres des sous-chapitres si vous en avez.

Cette hiérarchie des titres est essentielle, car elle correspond au codage du fichier HTML5 que vous obtiendrez dans votre livre au format ePub3. Le Titre1 deviendra une balise h1 (ou « header 1 »), et votre Titre4 une balise h4 (ou « header 4 »).

Maison de Corrections

Vous avez envie d’écrire, c’est louable. Vous avez sans doute beaucoup de talent. Mais de grâce, soignez votre orthographe ! Il n’est rien de plus irritant, pour un lecteur, de bloquer sur un mot mal orthographié, sur une coquille oubliée, sur une tournure de phrase mal pensée. Pour ma part, une telle chose me gâche mon plaisir.

La Forme est sans doute aussi importante que le Fond, surtout pour un lecteur, ou même un relecteur ou un correcteur. Pour un éditeur c’est indispensable.

Et malgré toutes les dictées que ma mère m’a infligées (pour mon bien) dans mon enfance, tous les articles du Bescherelle que j’ai pu apprendre (et croyez-moi, j’avais intérêt à les savoir par cœur !), toutes les listes de mots que je devais connaître, il m’arrive à moi aussi de me tromper. Surtout sur un clavier d’ordinateur.

Il y a donc un outil indispensable à ce stade de la production de votre livre : se servir d’un correcteur orthographique et grammatical. Vous pourriez vous contenter de celui qui sera intégré à votre logiciel de traitement de texte, mais je vous le déconseille. Ces correcteurs-là sont en général assez mauvais. Ils peuvent vous indiquer une erreur qui n’en est pas une, ou en laisser passer d’autres qui sont pourtant criantes. De plus, ils ne corrigent pas forcément la typographie, c’est-à-dire les erreurs telles que les doubles espaces, les espaces fines, les espaces insécables, ou même les guillemets « français » (ceux qui sont utilisés dans ce texte). Certes, l’exportation en ePub effacera quelques-unes de ces corrections typographiques (les espaces insécables ou fines par exemple), mais ce sera déjà un bon pas si vous voulez publier votre livre en format papier. Et même avec l’exportation en ePub, les guillemets seront corrigés, et les doubles espaces enlevés. Vous aurez aussi pu prendre soin de mettre des accents aux majuscules qui doivent l’être en français, comme le « É » ou le « À ». Ces corrections seront conservées dans l’ePub.

Pour ma part, je me sers d’Antidote 8. C’est un logiciel cher (la centaine d’euros), mais extrêmement complet et très très bien conçu. J’apprends beaucoup de choses depuis que je l’utilise, et pourtant, je pensais être un très bon connaisseur de la langue française.

Une fois installé sur votre ordinateur, Antidote se place en interface avec de nombreux autres logiciels pour être accessible à tout moment. Dans LibreOffice, c’est une barre de trois icônes qui s’insère dans votre flux de travail. Je me sers principalement de celle de gauche qui appelle le correcteur orthographique, grammatical et typographique.

L'intégration d'Antidote 8 dans LibreOffice

L’intégration d’Antidote 8 dans LibreOffice

J’applique ensuite, si besoin, les corrections qu’Antidote me suggère, avec la plupart du temps des explications sur les raisons de la correction. C’est important pour ne pas aveuglément suivre des corrections qui ne seraient pas en accord avec le sens de votre texte, avec votre style d’écriture, avec les impressions que vous voulez dégager (certaines conventions stylistiques ou poétiques ne sont pas du goût du correcteur d’Antidote, mais libre à vous de jouer avec les mots si cela vous sied, après tout, c’est ça être un artiste, non ?).

Les explications du correcteur orthographique et syntaxique d'Antidote 8 : une aide à la réflexion...

Les explications du correcteur orthographique et syntaxique d’Antidote 8 : une aide à la réflexion…

D’ailleurs, Antidote intègre une analyse de votre style d’écriture, que j’ai découvert il y a peu. Et je me suis rendu compte que j’aimais beaucoup répéter certains mots, entre autres « tics de style »…

Comment Antidote 8 peut analyse votre écriture... et comment il peut vous aider à prendre conscience de vos tics...

Comment Antidote 8 peut analyse votre écriture… et comment il peut vous aider à prendre conscience de vos tics…

Tout ceci ne vous dispense pas de vous faire relire par des yeux humains, si possible non complaisants. Ils vous diront avec franchise non seulement que vous avez fait des fautes d’orthographe, mais aussi vous feront des retours critiques sur votre style, votre propos, votre intrigue, vos personnages…

Voici une liste des corrections typographiques absolument nécessaires.

  • Accentuez les majuscules qui doivent l’être
  • Utilisez les tirets cadratins ou semi cadratins pour les dialogues
  • Ne faites pas de césure, ni automatique ni manuelle, les logiciels s’en sortent très mal
  • Choisissez entre l’indentation du texte (le retrait de première ligne), ou l’espace entre les paragraphes
  • Utilisez les guillemets français ou les guillemets anglais, mais toujours les mêmes…
  • Justifiez votre texte
  • Respectez la règle de positionnement des espaces : un point à la fin d’une phrase n’est jamais précédé d’un espace et est toujours suivi d’un espace, par exemple. Allez sur cette page pour saisir toutes les règles de la ponctuation et des espaces

Enfin, lorsque vous avez enfin corrigé la syntaxe de votre texte, il est temps de lui offrir une nouvelle apparence…

Métamorphose du texte vers l’ePub

Au contraire d’un fichier de texte (que son format soit .doc ou .docx pour Word, .rtf ou .odt pour LibreOffice), un livre électronique n’est pas un seul fichier constitué d’un seul tenant. C’est une sorte de dossier contenu dans une archive comme le format .zip (si je vous parle chinois, allez voir quelques définitions de formats de fichiers ici). Nous explorerons d’ailleurs en détail les entrailles d’un livre ePub dans le prochain article de cette série.

Il faut donc transformer notre fichier texte en une archive ePub.

Nous pourrions le faire nous-mêmes, « à la main ». Mais ce serait pénible, tant la transition est complexe.

Alors, pour gagner du temps, il est utile de laisser un logiciel faire le plus gros du travail pour nous, car vous verrez, vous vous embêterez déjà assez comme ça lorsqu’il s’agira de peaufiner votre livre pour en faire quelque chose qui vous plaise vraiment tout en satisfaisant aux règles strictes et parfois capricieuses des logiciels de lecture électronique.

Bien sûr, cette étape ne donnera pas naissance au produit fini, mais bien à une ébauche, à une pierre brute que vous allez devoir patiemment polir en vous attaquant au code. Mais au moins, le gros du travail aura été fait d’un simple clic…

Il existe de soit-disants « éditeurs de livres électroniques », des logiciels dérivés d’applications pour créer des sites internet, comme Blue Griffon ePub Edition, mais ils sont tous vendus très très chers pour ce qu’ils font… Personnellement, je préfère comme toujours la liberté, ce qui veut dire souvent mettre les mains dans le cambouis… le code…

Pour cette étape, et comme j’utilise Writer de LibreOffice, j’ai deux possibilités. La première est une extension (un plug-in comme on dit en jargon informatique) nommée Writer2xhtml. La deuxième, qui a ma préférence car elle génère déjà une structure ePub, c’est l’excellente extension Writer2ePub. Je vais prendre l’exemple de cette deuxième solution, et ce même si elle génère une structure ePub2 et non une structure ePub3. Nous verrons dans un prochain article que les différences sont mineures et peuvent être corrigées assez facilement par la suite.

Première chose, allez sur le site de l’extension (en italien ou en anglais) : ici, pour télécharger le programme.

Ensuite, installer l’extension dans LibreOffice. Il suffit de suivre la procédure habituelle pour cela. Allez dans le gestionnaire d’extension, cliquez sur ajouter, sélectionner votre extension dans votre dossier de téléchargement, et tout se fait tout seul. C’est la magie de l’informatique…

Installation de Writer2ePub dans Writer de la suite LibreOffice

Installation de Writer2ePub dans Writer de la suite LibreOffice

Une fois Writer2ePub installé, vous remarquerez trois nouvelles icônes dans Writer. Celle de droite est assez peu importante. Celle du milieu est fondamentale, puisqu’elle vous permet de déterminer les metadata de votre livre. Ce terme regroupe les informations essentielles à propos de votre livre : son auteur (vous a priori), son éditeur, son titre, son sous-titre, un résumé, l’éventuelle image de couverture, l’ISBN. Toutes ces informations seront codées dans le fichier. Nous verrons qu’il sera important ensuite d’aller jeter un coup d’œil dans ce code pour vérifier que rien n’a été oublié et que tout est exact.

C’est l’icône de gauche qui vous permettra de générer votre ePub, assez simplement, en reprenant les metadata de votre livre.

Le rapport de génération de votre fichier ePub par Writer2ePub

Le rapport de génération de votre fichier ePub par Writer2ePub

Et vous obtenez enfin un fichier au format ePub. Ne reste plus qu’à tester son rendu sur votre tablette.

Résultat de la génération d'un ePub par Writer2ePub : un fichier sur le bureau de votre ordinateur

Résultat de la génération d’un ePub par Writer2ePub : un fichier sur le bureau de votre ordinateur

Sur mon iPad4, le résultat n’est pas mal du tout. Cependant, vous remarquerez que la première ligne n’est pas indentée, que la fonte n’est plus Adobe Jenson Pro comme dans mon fichier Writer mais Times New Roman. Même si c’est un excellent début, ce n’est pas encore le livre dont je rêve car l’automatisation n’a pas préservé tous mes réglages de styles. Pour cela, il faudra faire soi-même le travail en découvrant les entrailles du fichier.

Le fichier ePub obtenu par génération automatique avec Writer2ePub lu sur un iPad4

Le fichier ePub obtenu par génération automatique avec Writer2ePub lu sur un iPad4

Ce sera l’objet de notre deuxième épisode : ePub Anatomy

En résumé

  • Savoir si l’on veut créer un ePub de flux ou un ePub à mise en page fixe.
  • Utiliser un logiciel de traitement de texte pour écrire.
  • Utiliser les Styles de Paragraphes et de Caractères pour changer l’apparence du texte et sa mise en page.
  • Utiliser un correcteur orthographique, en plus d’une relecture soignée par vous-même et par votre/vos correcteurs humains.
  • Utiliser une solution automatisée pour créer un fichier ePub à partir de votre texte mis en forme.

Les Outils de ce chapitre

Quelques liens pour aller plus loin

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