Le pentagramme d’écaille & de plume, invocations pour 2018

par | Déc 31, 2017 | Le Serpent à Plumes | 1 commentaire

J’ai cherché toute la nuit dans la grande bibliothèque. Le classement de mon Maître est vraiment aussi fantasque que lui, et je me demande même si ça ne serait pas à dessein. Je sais qu’il y a des ouvrages dangereux, dans ces rayons poussiéreux, et j’en ai même probablement découvert un ou deux. Heureusement, j’ai profité de son sommeil profond, celui qui suit toujours les jours de célébrations — il abuse dans ces occasions-là un peu trop de la bouteille — pour fouiller tranquillement, et j’ai fini par dénicher ce que je cherchais.

La Monade Hiéroglyphique.

Jadis rédigé par le mage et nécromancien John Dee, ce traité contient surtout le tracé secret du Cercle d’invocation. Il paraît que le célèbre astrologue de la Reine d’Angleterre s’en servait pour convoquer les Anges et leur demander leur aide. Même si mon Maître s’en sert uniquement pour cela lui aussi, mon projet est tout autre.

J’ai dessiné à la craie sur le sol de ma chambre, en reproduisant le plus fidèlement possible ce que j’ai trouvé. J’ai inscrit les noms de pouvoir et les lettres en hébreux. J’ai pris du temps pour rassembler les chandeliers et les éléments. Et me voici devant le pentacle, flanqué du Tétragramme et entouré des sceaux de Salomon.

Il ne me reste plus qu’à entonner les chants magiques qui invoquent et commandent.

Au feu, mon élément, je ferai couler l’encre comme si elle était le sang de mon esprit.

Le Jour de l’Équinoxe, le 20 mars 2018, Le Choix des Anges, mon deuxième roman, apparaîtra aux yeux de tous, dans son incarnation de papier et dans son esprit numérique. Je dois encore apporter quelques dernières touches au manuscrit qui a été relu par les Juges Célestes durant la semaine de repos que je me suis accordée. Leur invocation a pris du temps, comme souvent lorsque l’on veut communiquer avec les puissances de la magie, mais mon rituel a fonctionné. J’ai donc achevé mon premier projet, ce projet qui durait depuis le début de ma formation avec mon Maître. J’y ai mis toute ma science, et je m’attache désormais à y mettre tout mon soin afin que la forme soit aussi satisfaisante que le fond. La maquette papier est prête. Elle a été soumise également aux Juges Célestes.

J’ai choisi un format A5, car mes camarades sur le Fil du Chant du Phœnix m’ont aidé à départager mon envie égoïste d’un grand livre (format Crown Quarto, quand même) et le confort du lecteur ou de la lectrice qui préfèrent plus largement une taille plus modeste afin d’emporter leur livre facilement. C’est à mon avis un bon compromis entre les deux. Mais je vous parlerai plus longuement de mes choix éditoriaux dans un article dédié, dans quelques semaines.

Quant à la maquette numérique, elle est aussi en cours de finalisation. Là encore, je partagerai avec vous mes choix et mes décisions dans un article dédié d’ici quelque temps.

Et comme j’ai décidé de m’autoéditer je vais aussi vous parler de mes choix en la matière, inspirés par les grands débats qui ont lieu, notamment sur Twitter, concernant, la promotion d’un livre autoédité, le rôle des prescripteurs, les fameux « services presse », etc.

À l’eau, son contraire, je sacrifie le rythme du flux et du reflux.

L’écriture du Choix des Anges m’a pris beaucoup de temps, parce que mon rythme d’écriture était haché, seulement possible dans les périodes de calme professionnel et entre les articles de ce blog. Beaucoup d’autres projets bouillonnent dans la marmite de mon cerveau, et si je dois mettre 6 ans à chaque fois pour les voir venir à maturité, je crois que j’en deviendrai fou. Je dois donc, n’étant pas en possession d’un retourneur de temps, trouver une autre manière de faire.

La régularité de métronome que j’ai imposé à ma publication sur cet espace numérique a tenu pendant 3 années et demie. Depuis quelques mois, il était devenu difficile de la maintenir en même temps que je poussais mon écriture du Choix des Anges. J’ai donc ralenti mon rythme.

La fréquentation s’en est ressentie, et clairement moins de visiteurs sont venus fureter ici en 2017. Loin de prendre cela comme un échec, je pense que c’est le signe que je dois évoluer.

Et ce faisant, je me suis rendu compte que ce que je voulais partager ici avait également évolué. De carnet de notes, cet espace est devenu un carnet de bord où j’expose les réflexions qui me viennent lorsque je lis, regarde ou écoute certaines œuvres artistiques. C’est devenu une sorte de trame dont le chaos apparent tisse tout de même un motif : celui des liens que fait mon cerveau au fil du temps entre le passé et le présent, entre les lectures d’il y a 20 ou 30 ans et celles d’aujourd’hui, entre des disciplines humaines parfois très dissemblables en apparence, ou très éloignées au premier abord, et pourtant qui se répondent étrangement.

J’ai compris que je ne voulais pas faire de cet endroit un clone de mauvaise qualité d’autres lieux numériques où se critiquent beaucoup mieux que je ne saurais le faire des dizaines d’œuvres par an. Je n’ai pas le temps matériel de lire, voir, disséquer autant de matière qu’eux. Je n’en ai pas l’envie non plus, car cela ne correspond pas à ce que je veux faire. J’aurais peur de m’ennuyer. Et je ne veux pas m’imposer quelque chose qui ne me correspond pas.

Je décide donc d’invoquer la sagesse.

Je décide d’écrire plus, mais d’écrire pour les histoires que je veux raconter. Je vais donc développer mes propres projets, et beaucoup moins disserter sur ceux des autres. Mais lorsque des liens se feront, je les partagerai toujours ici.

Et le rythme, le cycle, sera donc différent. L’eau en guidera la fréquence. Une fois par mois, probablement. Sans doute plus dans les premiers mois de l’année, lorsque la parution du Choix des Anges se fera imminente. Car, comme je l’ai écrit plus haut, j’aurai bien des choses à vous raconter sur cette première expérience d’auto-édition.

À l’air, impalpable, je veux donner une forme.

Et ce sera un objectif clair : dans un an, j’aurai achevé un troisième roman. Fée du Logis sera là aussi une expérience pour moi. Écrire un roman fantastique qui se passe à une période contemporaine, et dont l’histoire m’est intimement liée, car issue d’un songe que j’ai réellement vécu il y a quelques années. J’en parlerai sans doute de temps à autre ici.

Pour le moment, je ne me sens pas le courage d’ouvrir d’espace sur Wattpad ou Scribay, ou Tippee. Si d’autres s’y sentent à l’aise, je les comprends tout à fait. Mais j’ai moi besoin de me sentir chez moi, maître en toutes choses, arbitre de chaque décision, et propriétaire des murs numériques de ma demeure de zéros et de uns.

Aussi je ne partagerai pas chaque chapitre aussitôt écrit. Du moins pas dans sa forme définitive.

Par contre, j’ai dans l’idée d’ouvrir un espace à certains visiteurs, s’ils le désirent, pour lire les premiers jets. Et s’ils en font la demande. Ce qui n’est pas le cas actuellement. Si cela vous intéresse, manifestez-vous donc.

Je fais le pari d’écrire un roman par an.

Voyons si les cartes et le destin me donneront raison.

À la terre, fondation de toutes choses, je promets de me tenir à ce que j’ai commencé.

Vous avez dû voir que j’ai commencé bien des projets, notamment concernant le jeu de rôle, et que je ne les ai pas menés à leur terme. Souvent parce que les achever était devenu difficile, par manque de joueurs, de temps, d’envie. Mais j’ai envie que cela change.

Je vais donc poursuivre ma série sur les mages et le système FATE.

Je vais donc poursuivre ma chronique sur Star Cowboy.

Et je vais redoubler d’efforts pour tenir l’engagement de terminer Fée du Logis l’année prochaine.

Enfin, à la quintessence, la force qui maintient l’univers en un tout, je m’abandonne.

Je ne désire pas devenir Jedi (encore que…) mais il me semble indispensable d’épouser les vicissitudes de l’existence, ce qui n’est pas dans ma nature, je dois l’avouer. Je dois donc ici promettre de rester réaliste dans mes objectifs et de ne pas vouloir les forcer à tout prix.

Le soin apporté aux choses me semble plus intéressant que la course à la productivité qui de toutes parts nous est imposée.

Après tout, la vie se déroule seulement véritablement en dehors d’internet, et comme elle a pu me le montrer cette année, tout n’est pas un long fleuve tranquille prévisible. Je ne sais donc comment l’aventure va tourner. C’est d’ailleurs ce qui en fait le côté excitant et la beauté.

Je suis armé, équipé, j’ai même une carte, certes incomplète et peu fiable, mais ses indications me permettront d’improviser au fur et à mesure.

Et lorsque les cinq vœux furent prononcés, je vis apparaître devant moi une forme longue, ophidienne, luisante, énorme. La silhouette déploya ses ailes et les plumes frôlèrent mon visage. Son regard était brûlant, la peau écailleuse luisait encore d’humidité, l’air irradiait autour d’elle et la terre grondait sous ses reptations.

Pour une cinquième année, le Serpent à Plume prend son envol.

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