par Germain Huc | Jan 23, 2014 |
par Germain Huc | Jan 23, 2014 |
Toutes blessent, seule la dernière tue.
(écrit) Les mots jouent avec le temps. Je l’ai sur le bout de la langue. Mais c’est exactement cela que tu aurais dû lui dire ! Ha si j’avais su ! (écrit) Le temps joue avec les mots. Les paroles s’envolent. Les écrits restent Conversations de comptoirs. Conversation de compteur. Un petit conte peut être alors pour la route? (écrit) « Il était une fois… » Mais cette fois était elle? (écrit) Une vie au passé décomposée. Une mort au futur simple. Les heures passent, ont passé, passeront. Une chanson sans temps. Toutes blessent. Seule la dernière tue.
Durée
27 minutes
Format d'image
2,35:1
Date de Première Diffusion
16/06/2008
Langue
Français
Réalisateur
Germain Huc
Ce court métrage avait pour ambition de conter une fable moderne sur le Destin et son inéluctabilité, au travers de deux vies très banales, dont l’une va basculer dans l’irrationnel le plus total.
S’inspirant de la vision grecque d’un sort impitoyable qui survit encore dans de nombreuses œuvres de science-fiction contemporaines, il s’oppose à celle, plus « idyllique » véhiculée par des films comme Retour vers le Futur.
Le propos est ici non le voyage dans le temps, mais bien l’impossibilité de modifier le cours des choses.
L’autre thème également présent est celui de la folie et de sa crainte. Tina hésite en permanence, depuis la première prédiction, entre son esprit rationnel, sa logique scientifique, et l’abandon à un système de pensée surnaturel, étrange, inquiétant. Cet antagonisme intérieur va la mener au bord de la rupture mentale, et certainement vers la rupture sentimentale.
Le personnage d’Hervé, sujet de cette crainte et victime sacrificielle du Destin, est là pour poser un regard paradoxalement extérieur à cette problématique. Ne connaissant pas son avenir, il est finalement plus libre que Tina qui deviendra elle-même, à son corps défendant, l’instrument de ce qu’elle combat avec force.
La note délibérément pessimiste du film est contrebalancée par les touches d’humour qu’y parsème Hervé. Il oppose ainsi sa vision d’un monde éphémère mais joyeux, au combat permanent et perdu d’avance que livre Tina.
Le titre même du film reprend l’inscription portée sur les anciens cadrans solaires romains : Toutes les heures blessent, seule la dernière tue. Et elle tue à coup sûr dans ce film.
J’ai demandé à Monique Mazarguil, dont je connaissais l’univers graphique, de composer l’affiche d’Ultima Necat, car elle avait à la fois les codes cinématographiques que je voulais, la connaissance du scénario et des deux comédiens principaux, et une sensibilité capable de rendre l’urgence qui transpire du film. Elle a proposé deux versions, et c’est celle-ci qui a eu la préférence de l’équipe, car elle souligne bien la fracture qui s’opère chez Tina.