D’autres mondes à explorer sur la Toile, spécial podcasts 2020

par Nov 11, 2020Vers l'Infini et Au-delà2 commentaires

J’ai découvert le monde du podcast il y a peu, je le confesse.

Pourtant, j’en suis devenu un grand amateur.

Depuis que les chaînes et les radios d’information continue m’ont montré l’inutile vacuité de leur boucle éternelle d’analyses bâclées et de réactions épidermiques stériles, j’ai redécouvert la joie d’écouter parler d’un sujet de façon approfondie, structurée, posée, étonnante, souvent de façon ludique ou surprenante, voire émouvante. Je les écoute pendant mes trajets en voiture, le matin et le soir, comme un sas sonore pour accompagner un voyage quotidien vers l’aventure ou de retour à la maison (un aller et retour, comme dirait un vieux Hobbit de 111 ans).

Je ne regarde plus les chaînes de télévision depuis très longtemps. Maintenant, je n’écoute même plus les chaînes de radio directement.

Ce qui ne m’empêche pas de faire des découvertes qui me font évoluer.

Car tel est le pouvoir de la Toile, si l’on sait naviguer sur ses courants alternatifs.

J’ai cartographié certaines des contrées que j’y ai explorées.

Je vous en livre ici un portulan modeste.

Podcasts pour découvrir le monde tel qu’il est ou tel qu’il fut

Sur les épaules de Darwin

La voix grave et posée de Jean-Claude Ameisen est reconnaissable entre toutes. Elle est enveloppante, et possède cette qualité rare de transporter son auditeur dans un ailleurs propice à la réflexion. Sur les épaules de Darwin est mon podcast préféré pour la simple raison qu’il part d’une démarche similaire à la mienne, mais en mieux : il fait des liens, des liens entre des événements et des disciplines que l’on n’aurait de prime abord jamais associées les uns avec les autres. Souvent d’ailleurs des liens entre culture (littérature, théâtre, musique) et science (médecine, physique, chimie, mathématiques). Forcément, cette dualité réconciliée ne pouvait que me convenir. La synthèse est d’ailleurs brillamment pensée et réalisée.

L’année 2020 a un peu bouleversé le rythme de publication des épisodes du podcast, mais avec 10 saisons de recul, il y a quand même des centaines d’heures de passionnantes découvertes à faire.

Une lettre d’Amérique

Le Nouveau Monde a une influence considérable dans tous les domaines. Sa civilisation si pétrie de paradoxes est parfois plus complexe que ce que les séries et les films veulent bien nous montrer. Le journaliste Philippe Corbé envoyait chaque semaine Une lettre d’Amérique d’une petite demi-heure éclairant tel ou tel aspect de cette réalité bigarrée, avec une culture pleine de références et surtout une humanité palpable.

Il va prendre une autre voie pendant que son podcast va vibrer sur une autre voix avec celle de son confrère Lionel Gendron. J’espère que la suite sera à la hauteur, car franchement j’ai vraiment adoré être guidé dans cette découverte des États-Unis.

LSD la Série Documentaire

Dans ma jeunesse (maintenant un peu éloignée), France Culture avait la réputation d’être une antenne un peu compassée et pour tout dire très chiante. On pensait n’y trouver que vieux croutons aux discours barbants ou débats abscons entre universitaires dignes du Professeur Tournesol (désolé pour la référence).

À elle seule, LSD dynamite ce préjugé.

Comme la substance psychédélique dont elle emprunte le sigle, l’émission étend les perceptions en un kaléidoscope de sujets d’intérêts, avec l’avantage de ne pas risquer le bad trip et de rester dans la légalité.

Chaque semaine, un thème est décliné en 4 épisodes de 55 minutes environ, ce qui permet d’entrer dans le détail, de laisser parler les témoins ou les spécialistes, de croiser des regards, de confronter les points de vue et les discours. La mise en scène sonore est parfois un peu difficile en voiture, c’est vrai.

Chasseurs de science

En une dizaine de minutes, ce podcast dévoile des aspects souvent méconnus de l’histoire des sciences. Des inventeurs, des découvreurs, des savants, des anecdotes étonnantes. C’est rapide, synthétique, bien vu. Et c’est surtout intelligent, car chaque épisode marque la mémoire en entremêlant la petite et la grande histoire.

La méthode scientifique

Pour aller plus avant dans un sujet scientifique, rien de tel que d’entendre parler des chercheurs expliquer les notions sur lesquelles ils travaillent, les résultats qu’ils obtiennent, confirmer ce qui est prouvé et ce qui ne l’est pas. C’est exactement ce que fait l’émission de France Culture qui m’a vraiment conquis.

Là encore on va au fond des choses et surtout, ce qui n’est pas le cas d’autres émissions scientifiques des antennes de Radio France, on accepte d’être structuré et de poser une progression à partir de notions expliquées quelques minutes plus tôt. On déroule donc un véritable raisonnement et on ne se contente pas de généralités très frustrantes qui au final ne répondent pas aux attentes créées (La Terre au carré, je pense à toi…).

Si parfois le discours peut paraître ardu, si parfois il faut un minimum de culture scientifique pour suivre, le propos part toujours du postulat que l’auditeur est intelligent et capable de progresser si on le guide bien, ce qui n’est pas si courant dans une émission de radio. De plus, on échappe ici à la mode des questions/réponses via téléphone, mail ou “réseaux soi-disant sociaux”, qui ne font que parasiter la progression de l’exposé sans aucunement aller au fond du problème.

Vous l’aurez compris, il s’agit plus ici d’une émission destinée à celles et ceux qui veulent apprendre véritablement, en acceptant de devoir se concentrer parfois dans des passages difficiles.

Mais l’animation est un véritable guide et jalonne parfaitement le parcours.

Les Baladeurs

Découvrir le monde, c’est aussi voyager, et accepter que le voyage mène vers l’aventure, avec un petit ou un grand A. Comme le dit mon confrère Bertrand Picart si justement et élégamment :

Une crise est une aventure qu’on refuse, une aventure est une crise qu’on accepte.

Les Baladeurs illustrent parfaitement cette maxime. Dans chaque épisode, sans aucun commentaire, des voyageurs, grands ou petits, racontent l’un de leurs périples. Ça peut être le seul de leur vie ou bien celui qui les a marqués pour toujours, mais à chaque fois c’est celui qui leur a appris à devenir eux-mêmes. Parfois c’est même la somme de toute une vie de voyages, racontée avec leurs propres mots. La mise en son est très immersive, très douce. C’est intimiste et à la fois inspirant.

Chacun sa route

Cet été si particulier, entre masques et gel hydroalcoolique, a pour moi été marqué par cette émission de France Inter venue à moi en remplacement de La Terre au carré, qui commençait déjà à me fatiguer avec son absence de suivi et sa superficialité exaspérante. La surprise a été excellente.

Élodie Font sait créer un climat de confiance, d’intimité et d’écoute qui amène ses invités à naturellement aborder des sujets très personnels et à la fois universels avec une humanité qui se double d’une acceptation inconditionnelle et d’un respect rare dans notre monde moderne. Et elle le fait avec tact et pudeur.

Vous pourrez donc rencontrer vraiment des personnalités qui viennent discuter de leur conception du voyage, avec tout ce que le voyage peut recouvrir d’expériences possibles : voyage d’une classe sociale à l’autre au cours d’une vie, d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’un art à l’autre, etc.

Je ne sais s’il y aura une saison 2.

Franchement, je l’espère.

Podcasts pour imaginer le monde

Contes des Soirs Perdus

Si vous me lisez depuis quelque temps, ou simplement si vous avez parcouru ce site, vous savez que les contes, les légendes, les fables, les mythes sont ma passion véritable. J’adore m’y plonger dès que je le peux. Et ça tombe bien, ce podcast relève le défi de raconter toutes les deux semaines une histoire méconnue ou que nous croyions connaître, avec un talent de conteur qui ménage ses effets et en prenant plaisir à nous mener à travers les méandres du conte.

On peut ainsi se plonger à nouveau dans les aventures d’Yvain, le Chevalier au Lion, que les amateurs des romans de la Table Ronde connaissent, mais aussi dans les légendes inuit, ou d’autres peuples qui nous sont encore moins familiers.

L’étendue des histoires créées par notre espèce pour expliquer le monde ou transmettre une vision est proprement stupéfiante. Je gage que ce podcast a de très longues saisons d’existence devant lui. Et c’est tant mieux !

Polar et SF

Il s’agit ici du degré supérieur, tant chaque épisode de ce podcast ressemble plus à une fiction sonore qu’à une simple émission. Il y a un véritable effort tant dans le travail du texte que dans la distribution des rôles (car oui, chaque personnage de la fiction est interprété par la voix d’un acteur ou d’une actrice différente), que dans la mise en scène sonore, avec effets spéciaux, musique, etc.

En adaptant des œuvres classiques, imaginaires (deux ou trois nouvelles de Lovecraft, par exemple) ou plus contemporaines, voire des textes écrits spécialement pour ce média, l’émission que l’on peut aussi écouter sur France Culture (décidément) explore un large éventail de fictions qui ont toutes pour point commun d’être “de genre” comme on dit.

Elbakin.net

Le site de référence de la fantasy en France, en plus d’abriter un forum connu de bien des geeks, produit des podcasts assez long, de qualité sonore inégale, mais très fouillés sur un aspect de la culture de l’imaginaire à chaque épisode. L’un des plus récents, sur Lovecraft, est particulièrement instructif.

Agence tous Geeks

Un peu plus échevelé et couvrant un domaine plus large que la seule fantasy, voire le seul imaginaire, l’Agence tous Geeks est un podcast un peu aléatoire, comme feu VITRIOL en son temps, le fanzine dont j’étais l’un des rédacteurs-fondateurs. Aléatoire dans ses sujets, et dans sa publication. Aléatoire dans sa qualité, aussi. Pourtant, il est rempli de bonnes pistes, de références à glaner.

Podcasts pour écrire le monde

Procrastination

S’il n’y a qu’un seul podcast à écouter lorsque l’on est écrivain dans le domaine de l’imaginaire francophone, c’est bien Procrastination. En 15 minutes (ou un peu plus parfois), l’équipe composée de Lionel Davoust, Mélanie Fazi, Laurent Genefort (pour les 3 premières saisons) et Estelle Faye (depuis la saison 4) explore un sujet technique ou plus général sur l’écriture en général et l’écriture dans les littératures de l’imaginaire en particulier.

Leurs regards croisés, avec chacun leurs spécificités (romanciers, nouvelliste, cinéaste) rendent riche et diverse une discussion “à bâtons rompus”, mais tout de même structurée. C’est tout à la fois intelligent et pratique. C’est inspirant et sans prétention. C’est aussi un retour d’expérience, une façon de jalonner le chemin de l’auditeur en semant de-ci de-là des petits cailloux qui permettent de réfléchir sur notre propre pratique.

Et s’il y a une chose que j’ai apprise dans mon métier, c’est bien qu’il est fondamental de s’interroger sur sa propre pratique, quel que soit le domaine dans lequel on l’exerce. Ça nous fait progresser, grandir, évoluer.

Élément déclencheur

Plus “personnel”, Élément déclencheur est un entretien, monté à la façon des Baladeurs sans commentaire, avec un créateur ou une créatrice, artiste dans des domaines aussi variés que la bande dessinée, la musique, la littérature, le cinéma, le théâtre… L’invité y déroule son parcours de création, depuis le fameux “élément déclencheur” qui servit de déclic à son envie de créer dans son histoire personnelle jusqu’à celui qui impulse la genèse de chaque œuvre, en passant par les rencontres, le processus créatif, les influences.

J’en retiens toujours une constante. Pour chaque personne, l’élément déclencheur et le processus qui s’ensuit sont différents, mais pour tous et pour toutes, l’art se nourrit d’une curiosité envers le monde et d’une capacité à donner un sens à ce qu’on en comprend. Et c’est aussi cette qualité que j’espère cultiver en écoutant d’autres que moi raconter comment ils créent, comme elles font apparaître ce qui est en germe au fond d’elles-mêmes.

Parler comme jamais

Je suis fasciné par les mots, par les langues. Je ne suis pas particulièrement doué pour en apprendre de nouvelles mais j’ai toujours été passionné par le fait d’apprendre une autre façon de communiquer. J’ai eu des velléités pour de nombreuses langues, et comme la patience n’est pas ma première qualité, j’ai à chaque fois ou presque abandonné : gaélique écossais, gaélique irlandais, chinois, polonais, romani, algonquin (si, si).

Je maîtrise bien mieux la langue française, et Parler comme jamais s’intéresse à notre langue du point de vue interne, linguistique, scientifique, sociologique. Son évolution à travers le temps, les modes, l’Histoire. Ses particularités de registres, son utilisation dans telle ou telle classe sociale, son rôle dans la stratification sociale, d’intégration ou de frein à cette dernière.

Vous l’aurez deviné depuis que je vous ai parlé de ma décision sur l’emploi de l’accord de proximité dans mon écriture, là encore, je m’interroge sur ma propre pratique de la langue.

Dans la mémoire du Serpent à Plumes

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