Lettre vivante

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C’est donc fait, je me lance dans la publication d’une lettre d’information, une newsletter comme disent les anglophones.

Mais ce n’est pas pour faire comme les autres.

Nous sommes tous de plus en plus inondés de mails commerciaux qui ne servent qu’à nous faire consommer toujours plus. Certains sites marchands n’hésitent pas à en envoyer quotidiennement.

Comme toi, j’en suis écœuré.

Comme toi, peut-être, j’ai fait un tri drastique et je me suis désabonné de nombreuses listes de diffusion.

Alors si je me lance à mon tour, ce n’est pas pour commettre les mêmes forfaits que ce que je déplore chez les autres.

Je me lasse des réseaux sociaux et de leur cacophonie trop souvent commerciale ou délétère. Ces derniers temps, la publicité sur Instagram, les insultes, les invectives et les polémiques sur Twitter, les scandales à répétition sur les bafouements de la vie privée des utilisateurs sur Facebook, m’ont poussé à prendre mes distances et à réfléchir à une autre manière d’entrer en contact avec ceux qui me suivent comme avec ceux que je suis.

Dans la lignée de plusieurs autres, j’ai remis en marche le vieux système des flux RSS pour m’affranchir des filtres des réseaux sociaux et chercher l’information directement à la source, sans les algorithmes aux directives obscures d’une quelconque société de la Silicon Valley.

J’ai même décidé de remettre au goût du jour grâce à ces flux RSS un concept qui semble remonter aux origines du web et qui comme tel va sembler un brin anachronique : la liste de liens amis, la blogroll des années 2000. Ainsi, vous pourrez trouver sur ce site des liens vers ceux que j’ai envie de vous faire partager via leurs flux RSS.

Et de temps à autre j’écrirai encore des articles sous la catégorie Vers l’infini et au-delà, mettant plus particulièrement en lumière certains sites.

D’autres mondes à explorer sur la Toile, fin 2015

Un peu à la manière du traditionnel #FollowFriday sur Twitter, j’inaugure une nouvelle rubrique où je vous emmènerai découvrir d’autres univers que le mien, d’autres élucubrations qui fleurissement et s’épanouissent sur la Toile. Parce qu’un tweet s’envole comme le...

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Lettre vivante

C’est donc fait, je me lance dans la publication d’une lettre d’information, une newsletter comme disent les anglophones.
Mais ce n’est pas pour faire comme les autres.

D’autres mondes à explorer sur la Toile, automne 2018

L’automne a commencé à roussir les couleurs de l’été. Petit à petit, il grignote les soirées qui deviennent de plus en plus courtes, de plus en plus sombres de plus en plus vite. Il rafraîchit les températures, celles du petit matin et celles du crépuscule. Il change...

Pourquoi une newsletter

Et puis j’ai regardé autrement le bon vieux mail.

Par son principe même, le même que celui du courrier papier, le mail nous renvoie à une relation plus privée, plus intime. Le courrier n’est pas un objet public par essence, contrairement à un post Instagram, à un tweet ou à une publication sur Facebook. On peut le partager si on le souhaite, comme si l’on faisait lire un message à un ami en qui l’on a absolument confiance, mais il est rare que l’on publie dans le journal sa correspondance. Correspondre est un acte volontairement intime.

Ces deux mots sont pour moi centraux.

La volonté, la tienne comme la mienne, est une base fondatrice de cette relation. Tu me suis si tu le désires, tu es libre d’arrêter de le faire. Je ne te relancerai pas. Je considérerai que tu as choisi de rompre cette relation, car elle ne te convient plus.

L’intimité en sera la clef de voûte. Cette correspondance est pour moi une véritable relation. Tu pourras donc me répondre par mail si tu le souhaites et ces échanges seront couverts par le pacte que nous avons conclu ensemble lorsque tu as choisi de t’inscrire sur cette liste.

Ce pacte est le suivant : je vais écrire quatre fois par an sur les coulisses de mes productions, mais aussi sur ce que j’ai découvert, aimé ou détesté. Peut-être vais-je lancer quelques idées d’articles qui se concrétiseront plus tard, plus en longueur, sur mon espace public. Je partagerai aussi des astuces sur les sujets qui me tiennent à cœur, à savoir la réalisation d’histoires et de livres. Il m’arrivera de proposer des liens vers des sites que j’aurai beaucoup appréciés, mais jamais, jamais de liens commerciaux, si ce n’est, de temps à autre, quelques cadeaux sur mes propres œuvres, sous forme de réductions ou de contenus exclusifs.

En retour, tu es libre de me répondre. Je serais même honoré si tu le faisais et t’y encourage vraiment.

Tu es libre d’être d’accord ou pas d’accord et de me le faire savoir, comme si l’on discutait posément à la terrasse d’un café en sirotant chacun notre breuvage préféré. Nous pourrons être du même avis ou d’avis divergents, cela sera aussi bien, car la différence des points de vue est une richesse, si les deux parties sont sincères et respectueuses l’une de l’autre.

C’est la seule chose que je demanderai, la seule condition à cette relation.

Le respect, que je m’engage aussi à te témoigner.

L’étape d’après

Parce que la newsletter n’est qu’une première étape, la suivante sera la mise en adéquation entre mon désir de calme et de respect et mes usages en général.

Cela implique tout d’abord, je ne sais pas si tu l’as remarqué, une modification subtile de quelques détails sur ce site. En commençant par la raréfaction des boutons de partage des articles, qui ne sont plus situés que sur le coin gauche de l’écran, et un choix drastique dans les réseaux disponibles pour effectuer ce partage. Il ne reste plus que Twitter et Pinterest, pour le moment du moins. Exit Instagram et Facebook. Je considère que permettre le partage de mes propres articles sur ces réseaux serait une hypocrisie de ma part.

Beaucoup vont me rétorquer que ce faisant je me tire une balle dans le pied, que mes articles déjà confidentiels n’auront pas l’audience que pourraient leur apporter des réseaux si puissants que Facebook ou Instagram. On va peut-être penser que je suis jusqu’au-boutiste, extrémiste.

Non. J’assume pleinement ce que je pense de l’avenir de ces réseaux.

Je pense qu’ils ont tendance à flatter nos comportements les plus irrespectueux.

Je fais le pari que d’ici quelques années, la nébuleuse Facebook va se décomposer, entraînée par des scandales de plus en plus intenables. Je fais le pari que l’audience la plus intéressante pour moi, celle avec laquelle il est possible de discuter, celle qui cherche avec sincérité à faire société et pas à invectiver, insulter ou convaincre à tout prix l’autre, va se détourner des réseaux dits improprement «sociaux».

Comme tout pari, il existe un risque de perdre.

Je prends ce risque.

D’autant plus facilement que mes articles sont déjà faiblement partagés. Je ne perds pas grand-chose, en fait.

D’autres pourront aussi me questionner sur la présence des deux derniers boutons de partage, Twitter et Pinterest.

Twitter n’est pas moins délétère que Facebook. Les gens s’y insultent, bloquent, dénigrent, harcèlent, caricaturent autant que sur le Livre des Figures. Pourtant, j’y ai trouvé des personnes vraiment intéressantes, découvert de véritables talents. J’ai encore du mal à couper le sifflet de l’oiseau bleu parce que certaines de ces personnes n’ont pas de site et que les garder dans mon champ de vision ne peut se faire qu’à travers leurs tweets. Pour le moment.

Quant à Pinterest, l’absence de texte suffit à couper la chique aux haineux et autres trolls. Je le considère donc comme un grand capharnaüm plutôt que comme un réseau social.

Pour ne pas rester lettre morte

Cette newsletter va mieux refléter ma façon d’être que les réseaux «sociaux».

Elle a déjà sa propre identité visuelle, son propre vocabulaire, son propre paradigme.

Elle met en scène Amergin, l’Esprit Guetteur de l’antre du Serpent à Plume. C’est Amergin qui t’apportera chaque message.

Il pourra se faire Quetzal si tu cherches simplement à ce que chaque article te soit signalé dans la boîte aux lettres par un résumé rapide que tu seras libre de lire en totalité directement sur le site si tu le souhaites.

Il pourra se faire Phœnix si tu veux suivre la lettre d’information elle-même, celle où je m’étendrai plus longuement sur les coulisses de mes projets et de mes trouvailles, quatre fois par an, à chaque fête du calendrier celtique.

Cela commence bientôt, puisque les feux de Beltaine sont déjà en préparation.

T’inscrire sur la liste de diffusion de l’une ou l’autre de ces créatures te conférera le titre (envié bientôt, j’en suis sûr), de Ptérophidien ou de Ptérophidienne, mais aussi le passe qui te permettra d’accéder à la section du site où j’ai rassemblé les quelques petits outils informatiques que j’ai créés pour me faciliter la vie dans mes travaux d’écriture ou de mise en page.

Je serai heureux de les partager avec toi, s’ils peuvent t’être d’une quelconque aide.

Alors je l’espère à bientôt, sur des chemins numériques ou réels.

Dans la mémoire du Serpent à Plumes

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D’autres mondes à explorer sur la Toile, automne 2018

D’autres mondes à explorer sur la Toile, automne 2018

L’automne a commencé à roussir les couleurs de l’été. Petit à petit, il grignote les soirées qui deviennent de plus en plus courtes, de plus en plus sombres de plus en plus vite. Il rafraîchit les températures, celles du petit matin et celles du crépuscule. Il change les odeurs de la nature, qui deviennent plus musquées et plus lourdes.

L’automne est déjà là, à s’insinuer entre les rayons du soleil.

Il se fait pour le moment discret, mais apprend à s’imposer par petites touches de couleur sur les arbres, et bientôt il aura complètement supplanté la saison chaude.

Et les humains comme les serpents à plumes vont commencer à se préparer à l’hiver qui, paraît-il, vient.

Nous rêverons tous de soirées au coin du feu, de citrouilles et de sorcières.

Il sera temps de partager ce que nous avons amassé durant l’été.

C’est ce que je vous propose : regarder dans le miroir numérique quelques ailleurs où prolonger l’enchantement.

Le jardin de Shuwa

Pour commencer, une petite promenade dans un jardin qui pourra changer au fil des saisons, celui de Shuwa, l’antre numérique de Yugo, qui décortiquera avec vous manga et anime avec un même enthousiasme et une même délicatesse. Il sera question en effet de culture japonaise, mais pas seulement. À travers les allées fleuries, on pourra y causer de boxe (ce qui a fait écho chez moi, rapport au personnage d’Armand dans Le Choix des Anges), mais aussi de famille, de quête initiatique…

Le jardin est encore assez petit, mais il s’agrandit au fil du temps, s’enrichit de nouvelles parcelles, et promet d’être luxuriant.

Yugo est également présent sur Instagram, avec comme spécialité de se faire percuter images et légendes décalées.

Enfin, mon petit doigt me dit que nous devrions le voir bientôt comme acteur dans un long-métrage indépendant en cours de tournage. Ce qui sera peut-être un clin d’œil de la destinée, quand on sait que, tout jeune encore, il s’amusait sur les bords du Canal du Midi pendant que son père jouait le rôle principal dans mon premier film…

Le blog de Stéphane Arnier

L’automne sera aussi propice à la maturation de nouveaux projets, comme ces bonnes soupes qui mijotent dans la marmite et qui nous réchauffent le cœur et le corps lorsque nous rentrons d’une longue journée de travail.

Pour les préparer dans le secret de nos chaudrons, nous avons besoin d’ingrédients divers, parfois assez rares. Mais nous avons aussi besoin d’un tour de main, de quelques astuces que seuls des cuisiniers chevronnés, comme nos grands-parents autrefois, peuvent nous léguer.

Non que Stéphane Arnier soit vieux, hein. Mais il est de ceux qui aiment partager leurs recettes, amassées patiemment, glanées avec passion. Et transmises avec clarté et talent.

Les écrivains en herbe, tels que moi, pourront y trouver quantité de bonheurs, de petites étincelles, de conseils et d’astuces.

N’hésitez pas à visiter son blog.

Et à découvrir son univers.

Affinity Publisher

L’automne c’est la saison des feuilles. De celles qui rougissent, puis tombent.

Mais c’est aussi celle où l’on peut en noircir quelques-unes.

Et lorsque je vous parlais il y a quelques mois de mes astuces pour créer un livre papier, je vous avais parlé de mon attente impatiente d’un logiciel qui permettrait de créer une maquette digne de ce nom sans en passer par l’abonnement à InDesign de chez Adobe.

Ce logiciel est enfin sorti en version bêta, donc encore non achevée, mais il est très prometteur.

J’ai pu conduire un “crash-test” avec le texte du Choix des Anges, et j’en suis extrêmement satisfait.

C’est Affinity Publisher, qui promet d’être aussi bon que les deux autres logiciels de la suite Affinity que sont Photo (pour remplacer Photoshop) et Designer (pour concurrencer Illustrator).

Amis réalisateurs de livres, je ne saurais trop vous inciter à aller y jeter un œil, voire les deux.

D’ailleurs, pour vous faire une idée, vous pouvez traîner du côté de leurs tutoriels vidéo, vous pourrez ainsi voir ce que le logiciel est capable de faire.

Le blog de Kalindea

Enfin, l’automne est aussi le moment où les enfants (les vrais enfants comme les grands enfants que sont les adultes) ont débuté une nouvelle année de travail. C’est le moment où l’on doit retrouver un rythme plus rapide et plus productif, où toute notre énergie se dirige vers notre ramure professionnelle comme un brusque accès de sève qui aurait raté le printemps.

Pour ma part, c’est toujours le moment où, entre la vague des consultations pour certificats médicaux et le retour des pathologies infectieuses bénignes, je m’interroge sur mon exercice médical.

J’ai mis en place quelques jalons depuis six ans pour développer autre chose, toujours dans le soin, toujours dans la médecine probablement, mais différemment.

Moins inféodé au système qui broie les soignants comme les patients, moins soumis à la pression d’une société qui ne comprend pas qu’elle choisit elle-même de tirer une balle dans le dos de ceux à qui elle a fait prêter le serment de la protéger.

Avec moins de colère de voir comment la santé se vend à la découpe sous prétexte de modernité.

Avec moins d’amertume de constater à quel point les êtres humains passent à côté de leur santé comme ils passent à côté de leur vie, obsédés par la vitesse, la rentabilité, la consommation et l’immédiateté.

Dans cette période que je vis chaque année, je m’interroge et j’interroge ceux qui ont sauté le pas.

C’est le cas de Kalindea, qui a fermé son cabinet de médecine générale pour se lancer dans une autre aventure.

Son regard et son expérience sont une inspiration.

Vous découvrirez sur son blog quelqu’un qui a su mettre en actes un vrai changement pour se rapprocher de valeurs de soin devenues compliquées à faire vivre en médecine générale.

Sur la route à nouveau

L’automne est aussi la période de cette douce nostalgie qui peut nous prendre aux tripes pour nous inciter à évoluer.

Car la vie est évolution, et l’automne une bonne saison pour préparer la prochaine.

L’image

Est de Jeff Brown, alias @jbrown67 sur Deviantart, ou sur son site.

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Cinquante nuances d’horreur

Cinquante nuances d’horreur

L’ami Saint Épondyle a pris l’habitude d’organiser de temps à autre des concours de fifties sur son blog.

Alors, non, il ne s’agit pas d’un concours de mode des années 1950, ou d’un radio-crochet centré sur le rock de la même époque.

Non, un fifty est une histoire très courte écrite en cinquante mots tout juste, ni plus, ni moins. Les règles de comptage des mots y sont particulièrement drastiques, car l’intérêt de l’exercice réside justement dans cette limite qui oblige à toutes les ellipses, aux métaphores, aux mots riches de puissances évocatrices.

On pourrait penser que les histoires qui en découlent sont fades et sans couleur. Au contraire. Le texte doit être ciselé avec précision, comme une mécanique horlogère d’antan, ou comme un bijou de belle facture. Et moyennant de gros efforts, il est possible de produire des textes à la fois percutants, colorés, structurés. Et courts. Si courts qu’ils laissent souvent la part belle à l’interprétation, à l’imagination du lecteur, qui va construire tout un « avant » et parfois même un « après » les cinquante mots.

Je n’ai jamais été un fan des concours d’écriture, mais c’est en découvrant le concours de fifties « à la manière de Philip K. Dick » que j’ai décidé de tenter l’expérience. J’étais alors en train de lire et de regarder The Man in the High Castle, et cela m’a semblé stimulant. Essayer de transposer une uchronie « dickienne » en cinquante mots… le défi était assez étrange pour me tenter. J’ai donc participé et The Woman in the High Tower (que vous trouverez au bas de cet article) en a été l’enfant.

J’ai trouvé l’exercice difficile, exigeant, presque cruel. Enlever des mots, les réorganiser. Amputer des phrases, les tordre. Trouver des images fortes, et choisir lesquelles garder et lesquelles abandonner. C’est très difficile. Ça oblige à la synthèse, mais aussi à la poésie.

Il y a quelques mois, Saint Épondyle a remis ça. Avec un thème qui avait peu de chances de me parler : l’horreur.

Mes univers de prédilections sont plus le merveilleux, le fantastique, le noir, et surtout la fantasy et la SF. J’ai une sainte horreur (!) des histoires de zombies (elles me font trop peur) et si je suis attiré par celles qui causent de vampires, c’est cause de la beauté du mal et du sous-titre sensuel, mais certainement pas à cause de l’aspect horrifique. Bref, sorti de l’indicible lovecraftien, qui a pour moi le goût de l’interrogation métaphysique et du jeu de rôle de mon adolescence, je n’aime pas avoir peur.

Mais ce fut encore un défi supplémentaire. Comment instiller la peur, l’horreur, en cinquante mots ?

La peur est un sentiment si diffus, si personnel. Ce qui terrifiera une personne en laissera une autre de marbre. Sans doute plus encore que les histoires d’amour ou les drames, les histoires d’horreur font appel à un noyau primal du lecteur. Ceux qui ont une arachnophobie comme moi seront certainement plus touchés par une histoire de toiles et de morsures par des êtres à plusieurs pattes et plusieurs yeux globuleux que d’autres personnes.

Je me suis fixé une méthode. Le thème doit être traité de façon la plus universelle possible. Il doit avoir un lien avec nos peurs primitives. Avec notre chair. Les mots doivent être forts, mais pas trop. Ils doivent porter des images connues, par chacun d’entre nous.

Et voici ce que cela donne.

La chère de ma chair
Il me regarde et sourit. La peau de mon visage écorchée sur la table par des épingles en fer se crispe lorsque sa main accouche nos enfants. Chacun arrache une part de mon âme ou de mon corps. Et les dévore.

Il me regarde encore, sourit.

Mon fils. L’Antéchrist.

J’en suis assez fier, même s’il n’a pas brillé dans le classement.

D’une part parce que j’ai estimé avoir rempli mon objectif. Raconter une histoire horrifique en cinquante mots tout juste, moi qui n’ai jamais vu d’autres films d’horreur que l’Exorciste et Projet Blair Witch, ainsi que les parodies Scream.

D’autre part, et c’est aussi un aspect essentiel, parce que j’ai pu lire les presque cent autres productions des participants qui comme moi avaient sué sang et eau sur leur fifty. La profusion est grande et on y trouve de belles perles. Mon préféré étant (ça tombe assez bien) le deuxième choix du jury, le texte de Groucho qui vous pourrez lire sur le blog de Saint Épondyle.

J’en retire aussi une discipline pour l’écriture de textes plus longs ou plus conventionnels. Il faut remettre sur le métier notre ouvrage, le penser, le peaufiner. Si nous mettons un peu de l’énergie du fifty dans nos textes plus longs, l’ensemble y gagnera sans doute en cohérence et en efficacité, sans pour autant perdre en intensité, en développements, en digressions essentielles. Il « suffit » de s’attacher à varier le vocabulaire, à varier les sens sollicités, à changer les angles. Bref, à travailler le texte.

C’est en tous les cas ce que je m’efforce de faire.

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D’autres mondes à explorer sur la Toile, été 2016

D’autres mondes à explorer sur la Toile, été 2016

Summer is coming !

La chaleur estivale a fini par pointer le bout de son museau après de multiples tergiversations dignes d’une jeune fille faisant languir ses soupirants, et sans doute, tout comme moi, aurez-vous envie de vous alanguir sur une chaise longue pour profiter d’un repos bien mérité.

C’est en tous les cas ce à quoi mon moi profond de serpent à plumes aspire : se lover sur une pierre bien chaude, un bouquin entre les écailles. Ou un bon site à découvrir grâce à mon miroir numérique magique.

En route, donc pour notre deuxième voyage à travers la Toile, cette fois-ci sous les rayons du soleil.

Tout d’abord, un été ne serait pas un été sans un livre-fleuve à dévorer pendant les longues journées au bord de la piscine (si vous en avez une), ou sans un bon film dans lequel s’immerger pendant une éternité de durée variable, voire une partie de jeu de rôle entre amis pendant laquelle frissonner ou être exalté ensemble. Ça tombe bien, il y a un lieu pour cela : Cosmo [†] Orbüs, le temple numérique de Saint Épondyle, où vous trouverez en plus une dose de poésie et une vraie patte dans l’écriture des articles.

L’exploration estivale d’autres mondes, c’est aussi retrouver le goût des feuilletons des siècles précédents, autant dans les articles que dans des romans. En vous échouant sur le site de Catherine Loiseau, vous trouverez une île pas si déserte où vous abreuver d’ambiances steampunk et de machinations romanesques, mais aussi tout un ensemble de conseils, d’aides d’écriture, de petits trucs qui font la différence. Et je compte bien pour ma part entamer cet été, dès que mes écailles pourront se reposer, la série de la Ligue des Ténèbres

Enfin, comme il faut bien préparer la rentrée, tout bon internaute qui écrit un peu sur la Toile ira se revigorer aux remues-méninges de Camille Gillet sur Press Enter, où une verve haute en couleur qui fait toujours mouche s’assume avec passion. Car il n’est pas interdit de réfléchir un peu à ce qui se passe sur les réseaux, à la façon dont on peut naviguer dans les eaux troubles de l’océan des données informatiques, à quel genre de boussole on peut se fier dans ces courants contraires. C’est de la vie que Camille parle, à travers les réseaux, à travers son travail. De la vie et de l’éthique, de notre responsabilité, de nos choix.

Et à la rentrée, nous pourrons nous retrouver, voguant de concert, vers d’autres aventures.

Pour ma part, je vais lézarder quatre semaines, histoire de réchauffer ma plume au brasier de mon imaginaire, et de prendre mes aises dans ma nouvelle demeure.

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D’autres mondes à explorer sur la Toile, fin 2015

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Un peu à la manière du traditionnel #FollowFriday sur Twitter, j’inaugure une nouvelle rubrique où je vous emmènerai découvrir d’autres univers que le mien, d’autres élucubrations qui fleurissement et s’épanouissent sur la Toile. Parce qu’un tweet s’envole comme le pépiement d’un oiseau, et reste bien difficile à retrouver ensuite. Parce qu’un billet de blog, au contraire, est comme un rouleau dans la Grande Bibliothèque d’Alexandrie.

À l’aventure et au-delà, le blog d’Emmanuel Gouvernaire, est la première étape de ce périple inaugural dans les océans virtuels. La curiosité d’Emmanuel est intarissable, et il peut vous mener aussi bien vers les nouvelles traductions du Seigneur des Anneaux, que vers les créations étonnantes du body painting. Et cette étape est en soi déjà une multitude de voyages vers des découvertes inattendues.

Une fois que vous aurez rempli vos yeux des nombreuses photographies étonnantes qu’il vous réserve, vous aurez peut-être envie de vous replonger dans quelque chose de plus concret.

C’est là que les tranches de vie racontées avec humour et autodérision par Zazimutine sur son espace poétiquement nommé Touzazimutin pourront vous tirer des sourires qui illumineront votre journée. À travers sa façon unique de revisiter son quotidien, avec ses petits bonheurs et ses angoisses, elle met un petit peu de magie dans nos propres vies. Avec elle, le récit d’un casting de cinéma, ou les différences régionales entre la Bretagne et la région Toulousaine vont vous paraître aussi dépaysants et rafraîchissants qu’un bon roman. À ceci près qu’ici (presque) tout est réel.
Et parce que la Toile n’est qu’un reflet de nous-mêmes (tant qu’aucune entité pensante n’y a été engendrée), lire comment l’on peut rire ou sourire de nos petits tracas, ou simplement décider de prendre du recul sur nos vies en les voyant à travers un regard un peu décalé me semble une bonne chose.
Et comme il est d’usage de rendre à César ce que Brutus lui a volé, c’est elle qui m’a donné l’idée de cette rubrique… grâces lui en soient rendues.

Enfin, parce que l’une des plus belles choses dans la nature humaine est notre capacité à penser, cette première odyssée ne peut se terminer sans parler des questions que Mais où va le net ? nous pose. Il y répond autant pour lui-même que pour nous, et c’est rassurant. On se sent moins seul à se demander ce que nous réserve l’avenir des nouvelles technologies, et surtout la façon dont nos contemporains vont s’en saisir et s’en servir. Nous compris.
Et au passage, il est bon de réfléchir à ce que nous pourrions changer dans nos usages avec la technologie (c’est-à-dire grâce à elle ou dans notre manière de l’utiliser). C’est ce à quoi l’on peut s’essayer en suivant Mais où va le web ?

Une fois ce petit périple achevé, libre à vous de proposer d’autres voyages…