Ce délicat moment de transition entre deux instants

par Déc 31, 2018Le Serpent à Plumes0 commentaires

J’ai depuis toujours été fasciné par le moment de bascule, celui qui acte le changement. Fasciné par cet instant qui restera à jamais non mesurable, imperceptible, presque inimaginable, cette singularité du temps presque aussi mystérieuse que l’étincelle originelle de la naissance de l’Univers. Fasciné par le moment précis où, décidé, le changement a lieu.

Un instant nous sommes seuls au monde, nous nous sentons abandonnés, ou tristes, et l’instant d’après nous tombons amoureux, nous sommes presque soulevés de terre par une force incroyable.

Un instant nous sommes en bonne santé, emplis d’optimisme et d’énergie, et celui d’après la maladie nous saisit, un malaise provoque notre chute. Un instant avant nous étions nos deux pieds au sol, celui d’après notre équilibre s’effondre comme notre corps et l’attraction fait s’écrouler jusqu’à notre monde même.

Un instant nous cherchons avec angoisse une solution à un problème complexe, nous cherchons depuis des jours, des semaines, des mois, des années peut-être, et l’instant d’après nous oublions de chercher, et à cet instant précis, cette fraction de seconde là, si infime, si incommunicable, si fragile, l’idée jaillit comme un arc électrique et surgit sans crier gare. Elle apparaît sans aucunes prémices apparentes, elle naît d’une matrice invisible et impensable comme si c’était hors du néant lui-même.

Un instant nous sommes en 2018, et une fraction de temps plus tard nous fait basculer en 2019.

Je suis fasciné, comme attiré et repoussé à la fois.

Est-ce pour cela que le changement m’est parfois si difficile ?

Est-ce pour cette raison que l’acte, le faire, est si précieux pour moi ?

Est-ce pour cela que j’ai choisi un métier où la décision qui tranche deux instants entre l’incertitude et la réalité, entre le virtuel et le concret, est le centre de gravité de tout ?

Est-ce pour cela que j’ai pour passion de faire sortir ce moment de création pure, ce moment de bascule du rêve vers la matière, de l’idée vers les mots, de la pensée vers le discours, du texte vers le jeu, de la mise en scène vers la représentation ?

Est-ce pour cela que j’aime voir ces changements plus subtils les uns que les autres dans de petites choses tout en gardant la nostalgie des choses qui ne sont plus comme elles étaient auparavant ?

Est-ce pour cela que l’art de provoquer le changement me fait tant vibrer ?

Qu’est-ce qui fait que quelque chose bouge, change ?

Quand a lieu ce prodige ?

Bien sûr, on pourra vous expliquer que le changement n’est qu’un continuum, une ligne ininterrompue d’instants de changements permanents et si subtils que vous ne les remarquez pas. Que toute vie est elle-même un changement né d’innombrables changements plus volatils et plus impalpables au cœur de chaque cellule de l’organisme. Que même les atomes changent. Que même les électrons changent de sens de rotation, tout le temps. Que le changement est partout, qu’il est paradoxalement la seule chose immuable dans ce monde, si bien que la seule chose qui ne changera jamais c’est que tout change et tout le temps.

Il n’empêche que quelque part, il faut bien passer d’un état à un autre. Il faut bien qu’il existe une bascule, un point où le déséquilibre s’équilibre avant de se précipiter de l’autre côté. Une singulière singularité où le mobile devient immobile, l’espace d’un infime souffle de l’Univers, pour bouger à nouveau. Et que ce point d’équilibre soit atteint et dépassé un nombre incalculable de fois pour chaque particule, chaque objet, chaque être, en permanence, n’en est pas moins fascinant.

Peut-on imaginer un rythme unique dans cette respiration entre l’équilibre et le déséquilibre ? Un cycle commun à toutes les choses qui battrait la mesure d’une musique des sphères bien plus puissante que celle à laquelle croyaient nos ancêtres. Une même fréquence qui serait la pulsation unificatrice, telle la Force, l’Éther, le fluide cosmique maintenant la réalité en un tout cohérent et vivant.

Ou peut-on imaginer que chaque chose possède son propre rythme, sa propre pulsation ? Tout s’harmoniserait suivant une partition improvisée, chaque fréquence battrait suivant un point d’équilibre différent, un déséquilibre différent, et la diversité des fréquences engendrerait un grand déséquilibre universel dont la musique naîtrait justement de la réunion de toutes ces différences.

Peut-on simplement constater que tout change, tout suit une mesure et un rythme, et que la musique de ce rythme berce nos existences même quand nous n’en sommes pas conscients ?

Lorsque le changement m’est difficile, c’est cette pensée qui me vient.

Lorsque l’immobilité m’est insupportable, c’est vers elle que je me tourne.

Lorsque les événements se bousculent, je tente d’en trouver le rythme, même si bien souvent je suis plus doué pour m’épuiser à ramer à contre-courant, cherchant un âge d’or aussi inatteignable qu’illusoire.

Et lorsque le cours du fleuve ne me convient plus, je provoque moi-même des changements en expérimentant ma propre musique, en essayant de trouver comment jouer ma partition personnelle, comment la composer pour qu’elle sonne juste.

Je n’y parviens pas toujours. Il est difficile de jouer certaines notes. Et parfois on ne maîtrise pas vraiment l’instrument. On apprend tous les jours à jouer de nouvelles notes, de nouvelles techniques. Et certaines resteront hors de notre portée.

Nous nous trouvons à un tel point d’équilibre, un point de déséquilibre où le changement est indispensable, inéluctable, souhaitable, même s’il est parfois extrêmement dur. Tous, individuellement, un jour ou l’autre. Tous, collectivement, à certains moments dans l’histoire de notre espèce, comme actuellement.

Je me trouve à un tel point, moi aussi. Comme chaque année à la même époque. Comme à chaque cycle. Comme à chaque mue.

Cette fois, cependant, je vous propose de convoquer la magie de l’imagination, cette magie qui nous permet de suspendre le temps, son cours et sa chute, pour regarder un peu en arrière, et regarder un peu en avant, pour regarder avant de plonger dans un nouveau cycle et un nouveau changement.

Un (dernier ?) regard vers le passé

L’année qui vient de s’écouler comme un torrent de montagne m’a fait vivre beaucoup d’émotions.

Je n’aime pas m’épancher, aussi ce regard vers le passé va-t-il emprunter la voie de petits moments marquants, comme des cailloux semés par le gamin qui ne veut surtout pas perdre son chemin dans la forêt sombre.

La musique de 2018

Les paroles se suffisent à elles-mêmes, ainsi que le timbre si reconnaissable de Skye.

puis, bien sûr, la voix de Lisa.

Les images de 2018

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p style= »text-align: justify; »>Ce seront des images d’ailleurs, des images de landes et de collines, de falaises et d’océan.

Derrière la caméra, il y a aussi les images que j’emporte dans mes yeux et mon esprit. Des images d’amitié et d’amour. Des images de rires, de moments partagés et de découvertes faites ensemble.

Ce seront aussi des images d’un autre temps qui refait surface, de l’Après-guerre revécu en 2018. Avec là encore des fous rires, des moments de partage et d’amitié.

Enfin, ce sera cette image de Gustave Doré qui m’a accompagnée durant 6 ans lors de l’écriture du Choix des Anges, et qui m’a guidée jusqu’à sa sortie au jour, enfin possible.

Le jeu de 2018

Grâce à mes compagnons de jeu, et notamment Jérôme, j’ai découvert Symbaroum. J’ai pris énormément de plaisir à arpenter Davokar, la forêt obscure aux secrets maléfiques. Et il semblerait que nous n’ayons pas fini de dévoiler toutes ses horreurs d’un autre temps, si les Elfes du Pacte de Fer nous en laissent l’opportunité, et si la maladie insidieuse qui court dans les ramures et les racines ne s’infiltre pas dans nos cœurs de Troll, Gobelin et pauvre Humain.

Le goût de 2018

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p style= »text-align: justify; »>Si le goût fort du haggis écossais a plutôt surpris agréablement mes papilles, c’est un goût plus amer qui reste dans ma bouche, et pas vraiment celui de la bière.

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p style= »text-align: justify; »>Cette amertume qui s’installe lorsque j’évoque la façon dont mon métier a évolué cette année.

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p style= »text-align: justify; »>Me battre contre la maladie et la mort sans vaincre, j’y suis habitué, c’est la règle du jeu, et je sais qu’ainsi va la vie. Ce sont des combats que l’on ne peut que perdre à la fin.

Soigner des petits maux sans importance qui n’auraient même pas mérité de consulter un médecin, c’est aussi mon quotidien, et c’est l’occasion de (tenter de) faire un peu d’éducation à la santé. Même si, je dois l’avouer, je commence à m’impatienter quand des patients que je connais depuis presque dix ans continuent à penser que s’ils viennent après 24 heures d’évolution d’un rhume c’est mieux, malgré tout ce que j’ai pu leur expliquer pendant ces dix longues années…

Mais devoir faire face à la tyrannie du «tout, tout de suite» généralisé, au manque de civisme, de politesse et de simple bon sens, c’est difficile, à la longue.

Mais devoir me battre pour me justifier de faire mon travail auprès de ceux que je tente d’aider, c’est plus dur. C’était la première fois que cela m’arrivait en 18 années d’exercice, mais cela s’est produit deux fois à une semaine d’intervalle.

Mais devoir regarder le système de santé être vendu à la découpe par des charognards qui sont ceux-là mêmes qui devraient en prendre soin, c’est insupportable.

Mais devoir supporter les remontrances injustes d’un jeune freluquet qui rêve de me voir travailler jusqu’à 22 heures chaque jour pour une bouchée de pain, et qui finit de déconsidérer ce que je tente d’apprendre à mes patients (éviter d’être impulsif et consulter de façon raisonnée) en trois phrases, c’était trop.

C’est qu’on ne trouve plus de médecins hors de l’hôpital en fin de journée ou tôt le matin et parfois pour une raison financière : c’est qu’on n’a pas besoin de faire l’avance de frais.

Les urgences non vitales doivent donc pouvoir être prises en charge en ville par les professionnels organisés dans leur communauté professionnelle, en lien avec leur hôpital de proximité, ils devront s’organiser collectivement pour assurer une permanence de soins non programmés de jour, tous les jours jusqu’à 20 h.

Initialement, moi j’étais pour dire jusqu’à 22 h, mais on m’a dit que j’ouvrais une guerre absolument impossible si on disait jusqu’à 22 h, donc je suis raisonnable et j’ai dit 20 h, mais ce serait formidable si on pouvait trouver un accord jusqu’à 22 h sincèrement. [Rires dans l’assistance] Parce que quand on regarde les chiffres des urgences, il y en a énormément entre 20 h et 22 h, donc j’ai fait confiance à la ministre, au directeur de la CNAM, à l’ensemble des professionnels qui auront cette négociation à conduire, je suis persuadé qu’on peut trouver une solution intelligente jusqu’à 22 h. Mais j’ai dit jusqu’à 20 h aujourd’hui.

Discours du 18/09/2018 (à 44:06 dans la vidéo disponible sur le site de l’Élysée).

Emmanuel Macron

Comme la célèbre goutte qui parvient à faire déborder le vase, à provoquer le déséquilibre, le changement, ces quelques mots ont suffi à me mettre dans une colère noire.

Pourquoi croit-il qu’on ne trouve plus de médecins ? Parce qu’ils sont en vacances aux Bahamas ? Ou bien plutôt parce que les patients consultent trop souvent pour des motifs sans raison médicale, parfois par impatience, parce qu’ils consultent beaucoup trop souvent pour des burn-out provoqués par le management maltraitant qui les broie à longueur de temps, parce qu’il n’y a pas assez de médecins et parce que ceux qui restent sont déjà débordés ?

Il croit sincèrement qu’on a encore assez d’énergie pour consulter jusqu’à 22 heures quand on en est déjà à 30 patients dans une journée où l’on finit à 19 heures 30, qu’on ne peut pas aller chercher ses gamins à l’école, qu’on n’a pas de temps pour accomplir les démarches administratives parce qu’il faut aller les effectuer avant 16 heures, et qu’on est épuisés ?

Il croit sincèrement que les médecins généralistes libéraux vont accepter de se faire traiter implicitement de branleurs alors qu’ils portent déjà à bout de bras une population qui n’en peut plus, et qu’eux-mêmes sont au bord de la rupture physique et mentale ?

Il croit sincèrement que la réponse c’est «toujours plus de consultations» alors que la seule solution c’est «éduquer la population à la santé», parce que la majorité des consultations de 20 heures à 22 heures sont des consultations qui peuvent être reportées le lendemain sur des horaires normaux (je tiens à sa disposition les motifs de consultation de mes dernières gardes de soirée) ?

Et il croit sincèrement que les médecins peuvent recevoir sans sourciller 40, 50 ou 60 patients par jour et accueillir la souffrance réelle et parfois extrême sans eux-mêmes sombrer ?

Une colère noire.

Une colère salvatrice, littéralement.

Une colère qui m’a fait réagir, comme d’autres avant moi.

Ce métier n’est plus fait pour moi. J’en prends acte. Ma reconversion est en cours.

Les mots de 2018

Mon Dieu, donne-moi le courage de changer les choses que je peux changer, la sérénité d’accepter celles que je ne peux pas changer, et la sagesse de distinguer entre les deux.

Marc-Aurèle

La lecture de 2018

Elle n’est pas encore achevée tant elle est dense, mais ma lecture marquante de 2018 n’est pas un roman, ni de l’imaginaire, ni même de la fiction, et ça fait bien longtemps que cela ne m’était pas arrivé.

Il s’agit de Qu’est-ce que l’hypnose ? de François Roustang. Un livre d’une grande acuité, même s’il n’est pas toujours facile d’abord.

La série de 2018

Le choix est plus difficile cette année. Il y a eu American gods, La casa de papel, Altered carbon, la saison 3 de The Expanse, la saison 3 de Daredevil, et les saisons 2 et 3 de This is us, surtout. Mais c’est vraiment la saison 7 d’Homeland qui m’a scotché cette année. Cette série est aiguisée, montre un regard très juste sur l’actualité, un cynisme hélas réaliste dans le fonctionnement de notre monde (notamment des relations entre la Russie et les États-Unis) et un véritable travail sur les personnages (la bipolarité de Carrie) comme sur le scénario.

Le lien de 2018

Pour tous ceux qui veulent écrire, et notamment ceux qui veulent écrire des œuvres de l’imaginaire, il existe une ressource indispensable que je n’ai découverte que cette année, mais dont j’ai dévoré les 2 premières saisons, j’ai nommé Procrastination, le podcast de Mélanie Fazi, Laurent Genefort et Lionel Davoust. En à peu près 15 minutes, un sujet traité avec humour et érudition, pour nous aider à progresser.

Un (premier ?) regard vers le futur

«Toujours en mouvement est l’avenir», dirait un petit homme vert de ma connaissance, aussi est-il difficile de savoir précisément ce que réserve 2019. De plus, lorsque je me risque à faire des prédictions sur ce que je vais poster l’année qui vient, je me trompe à chaque fois. Soit le sujet prévu ne me parle plus tant que ça, soit il est subordonné à une expérience qui n’est pas concluante, soit j’ai d’autres choses à écrire qui prennent sa place, bref, je ne suis qu’un piètre Nostradamus, y compris pour mes propres productions.

Je vais me contenter de me donner quelques pistes, sur des choses que j’aimerais vraiment réaliser en 2019. Des choses que vous pourriez ou non trouver ensuite sur cet espace virtuel.

Le projet

Plusieurs projets occupent mon esprit et donc mon temps actuellement, et j’espère que l’un d’entre eux au moins verra le jour cette année.

Rocfou, d’abord. Je mets en place à la fois le monde et l’intrigue, mais la maturation est longue, comme à chaque fois. J’ai cependant une idée de plus en plus précise de ce que je veux, et de ce que je ne veux pas. Je pense débuter vraiment la rédaction en milieu d’année. Pour la suite, je ne maîtrise pas vraiment le planning. Nous verrons bien.

De vieilles idées ont fini par trouver leur place avec de nouvelles, et mon vieux Tarot va renaître de ses cendres, plus tard, lorsque le manuscrit de Rocfou sera achevé, sous une autre forme.

Ce sera bien suffisant, car je compte aussi continuer à écrire ici de temps à autre, avec certes moins de régularité que les premières années, mais toujours avec plaisir et passion.

Les expériences

Réaliser une carte pour fixer l’univers de Rocfou m’a donné envie d’apprendre un peu plus les bases du dessin. Je n’ai jamais été doué pour tenir un crayon, mais j’aimerais apprendre à être un peu moins gauche avec. D’autant que depuis mes essais d’adolescent, j’ai quand même touché à quelques notions sur le cadrage et la lumière.

Je ne suis cependant pas assez fou pour penser que je pourrai être suffisamment aguerri pour réaliser moi-même la couverture de Rocfou. Cette fois-ci, l’illustration sera faite par quelqu’un de beaucoup plus doué et expérimenté que moi. J’ai quelques idées, mais je préfère avancer dans l’écriture du projet avant d’en parler.

Le changement

Je devrais mettre le titre au pluriel.

Car il va y en avoir quelques-uns.

J’y reviendrai peut-être dans un article de fond, mais les soignants ont tous ou presque un gros problème : ils ne prennent pas beaucoup soin d’eux-mêmes. J’ai décidé de devenir une exception.

Je commence très simplement par réduire mon temps de travail au lieu de l’augmenter, puisque n’en déplaise à certains au plus haut sommet de l’État, je ne suis pas un robot taillable et corvéable à merci. Je ne prends plus de nouveaux patients en charge. Ce n’est d’ailleurs que le début d’une évolution mûrement réfléchie et préparée qui me conduira à ne plus exercer la médecine générale si mon plan se déroule sans accroc. Dans mon petit coin d’Occitanie, il reste encore suffisamment de médecins généralistes. Et dans le cas contraire, arrêter ne me pose plus aucun problème philosophique après l’automne que je viens de vivre. Que la société récolte enfin ce qu’elle sème depuis très longtemps, après tout. Qui suis-je pour vouloir infléchir à moi tout seul le cours des choses ? Je ne suis pas responsable d’autre chose que de mes propres choix. Et je compte bien exercer ces choix en toute liberté. Cela laissera ceux qui les ont inspirés dicter à leur guise l’évolution d’un système dont je serai dès lors totalement détaché. Pour mon plus grand bien-être.

J’ai décidé également de bannir Google de ma vie, le plus possible. J’utilise Qwant dans mes requêtes sur internet, j’ai fermé mon compte G+, mon adresse Gmail. Et j’ai décidé de me passer des statistiques fournies par Google pour administrer ce site. Vous ne serez donc plus suivis par Google Analytics en naviguant ici. Je ne peux pas empêcher Google d’indexer le site, mais pour tout le reste, bye bye…

Comme sur le bord de l’abîme

Sur le bord de l’abîme, on peut sentir comme un vent qui tourbillonne et un vertige qui saisit à la gorge comme aux tripes. On ressent l’inquiétude de ce qui va se passer ensuite, l’appréhension de l’inconnu, la tentation de reculer. Après tout, changer est-il si nécessaire ? Sauter peut être dangereux. Mais sauter peut aussi être salvateur.

Le saut se fera de toute façon, que nous l’acceptions ou pas. La bascule est inéluctable. Un instant succède à l’autre et tout est changeant, à chaque instant. 2019 succédera à 2018.

Nous pouvons parfois déterminer comment nous voulons sauter, vers quelle direction nous voulons basculer.

Sur le bord de l’abîme, juste avant de nous laisser tomber de l’autre côté du miroir, de l’autre côté de cette frontière du temps, nous pouvons garder à l’esprit ce que nous voulons, ce que nous ne voulons plus.

Se tenir en équilibre précaire, comme sur un fil, pendant quelques fugitifs moments, se souvenir de tout ce qui a déjà changé et de tout se qui changera encore, dans un état précédent, dans tous les états précédents.

Tout un monde existe entre l’avant et l’après, sur la pointe fragile, juste avant la bascule inévitable.

J’essaie d’apprivoiser ce monde.

J’essaie de vivre.

Dans la mémoire du Serpent à Plumes

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