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Fæe du Logis, du rêve au roman

par Publié le 20/08/2021L'encre & la plume, Mis en avant0 commentaires

Le texte de mon troisième roman est enfin terminé. Il est passé par de longs mois d’écriture sur le premier jet depuis le mois d’octobre 2019, puis durant le premier confinement en 2020, jusqu’en juin de cette année-là. A suivi une étape d’intense relecture sur le fond, à la fois par mes bêta-lectrices et par moi-même, après une pause nécessaire pour permettre à mon esprit de retrouver les mots avec une certaine naïveté. Il a ensuite subi une première phase de corrections sur l’histoire, notamment sur certains passages qui étaient peu clairs ou trop peu développés. Certains personnages ont été retravaillés, leur caractère approfondi, leur implication dans l’intrigue repensée. Tout cela a pris une longue année de plus, jusqu’en juin 2021.

Une deuxième relecture est alors intervenue, à la fois sur le fond et la forme. Puis une deuxième phase de correction a amené encore quelques changements, plus mineurs cette fois-ci.

La version définitive du texte en est sortie en août 2021, avant des passages aux dernières corrections orthographiques à l’aide d’Antidote et une impression papier pour laisser le soin à des yeux humains de traquer les dernières coquilles.

Après plusieurs années, je peux dire que Fæe du Logis est achevé.

Pourtant, sa véritable histoire ne fait que commencer, car bientôt, vous pourrez tenir le livre papier dans vos mains, ou, si vous le préférez, télécharger le texte sur votre liseuse, ou encore écouter ma voix vous conter cette histoire dans un livre audio.

Il est donc temps de vous présenter cette nouvelle création.

Un rêve

Tout a commencé en 2014, alors que j’avais commencé à investir cet espace virtuel comme on s’installe dans un nid douillet, et que je prévoyais d’écrire en plus de mes articles, un deuxième roman intitulé Le Choix des Anges, finalement publié en 2018.

Tout a commencé par un rêve.

Un rêve étrange, d’une netteté incroyable, assez surprenant, dans lequel une mystérieuse femme enceinte me montrait du regard le panorama des toits de brique rouge de Toulouse en m’affirmant :

Tout va bien se passer, maintenant.

Comme il arrive souvent dans les rêves, cette femme était un mélange de plusieurs personnes que je connaissais, qui avaient peuplé mon existence jusque là, et en même temps n’était aucune d’entre elles. Comme il arrive parfois, cette scène finale du songe est restée gravée dans ma mémoire. Comme il arrive plus rarement, l’ambiance de sérénité, de réalité prégnante et de bienveillante certitude qui baignait ce songe a continué d’être ancrée en moi pendant de longues heures, puis plusieurs jours, quelques semaines, des mois. Ces six mots, tout simples, ne m’ont pas quitté, et avec eux ce sentiment profond, presque indescriptible, qu’en effet, tout se passerait bien, que quelqu’un veillait sur moi et sur ma compagne. Je me sentais rempli de calme et de confiance en l’avenir.

Je ne suis pas le Serpent à plume pour rien. En moi coexistent deux faces. Mon côté logique, cartésien, scientifique. Mon côté rêveur, mystique, imaginatif. Ces deux faces se mélangent en se respectant l’une l’autre. Je ne crois pas aux messages magiques, aux présages et aux esprits qui parleraient dans nos rêves. Je ne crois pas non plus aux délires freudiens des gourous de l’inconscient tout puissant. Je place ma confiance dans la capacité de l’esprit humain d’assembler des idées, des perceptions, des impressions, en une création nouvelle. Je crois fermement que la complexité évolutive des systèmes du vivant comme des systèmes de l’univers dans son ensemble est en elle-même la véritable réponse au sens de notre existence (même si 42 pourrait être une solution acceptable).

Alors sans doute mon esprit double ne pouvait-il que s’emparer de cette impression, de ce sentiment à la fois diffus et puissant, de ces six mots et du songe qui les avait vus prononcés. Il fallait, je le savais au plus profond de moi, que je fasse quelque chose de tout cela.

Alors j’ai décidé d’en tirer une histoire.

J’ai décidé que je pouvais moi-même donner un sens à ces six mots, en imaginant un récit qui pourrait mener jusqu’à cette même scène. Un récit parmi les infinités possibles, et qui pourtant serait le mien. Ma façon à moi d’expliquer, de rendre justice, de transmettre.

Un premier chapitre sur d’écaille & de plume

Assez rapidement, il m’est devenu évident que ce récit serait assez long, mais surtout, qu’il impliquerait de m’intéresser à un domaine de l’imaginaire qui n’était pas le plus simple pour moi : le fantastique. L’irruption de quelque chose ou quelqu’un de surnaturel dans le quotidien de notre monde semblait la meilleure façon d’aborder ce projet. C’est un exercice que j’ai toujours trouvé difficile, délicat, car éminemment complexe à rendre par l’écrit. Pourtant, mes inclinations littéraires m’avaient assez tôt poussé vers la poésie, qui excelle dans cette capacité à diffuser l’étrange dans le banal, à infuser le doute, à susciter les interrogations et les interprétations. Pourtant, les œuvres d’un Neil Gaiman, maître de ces détournements de la réalité pour y distiller un surnaturel subtil, ont toujours fait partie de mon panthéon des œuvres les plus réussies.

J’ai commencé par me dire que ce serait donc un exercice.

Comme tel, j’ai décidé de composer une série d’épisodes, comme un feuilleton, qui serait publié sur ce site.

Au sortir du rêve lui-même, le concept d’une femme surnaturelle était déjà là. Nourri aux légendes celtes et scandinaves depuis ma plus tendre enfance, j’ai naturellement pensé à l’Autre Monde, celui du Petit peuple, des Fæs, de ces êtres qui n’ont pas la même façon de percevoir le Bien et le Mal que nous. J’ai pensé à une bénédiction qui pouvait être une malédiction et à l’inverse. J’ai pensé à la façon dont une malédiction pouvait prendre racine dans notre monde. J’ai pensé naturellement à la maladie, puisque la combattre est mon métier.

Alors j’ai écrit un premier chapitre, que j’ai publié ici.

Mais la forme ne convenait pas. Mais le fond ne parvenait pas à une cohérence suffisante. Et Le Choix des Anges occupait trop mon esprit. Alors, il n’y eut pas de suite. Pas tout de suite.

Un roman

Puis, lorsque Le Choix des Anges a pris son envol, en mars 2018, et qu’a suivi une courte phase de «post-librum blues», l’évidence est revenue me frapper : le prochain roman ne pouvait être qu’issu de Fæe du Logis. J’ai donc construit une trame avec mes outils préférés, Scapple et Aeon Timeline. Car je fais partie de ces écrivains que l’on dit «architectes» : j’ai besoin de connaître non seulement la fin, mais aussi les étapes d’une histoire, pour commencer à l’explorer à l’écrit. Bien évidemment, la rédaction elle-même m’offre souvent (toujours) des surprises. Une partie du travail d’écriture est en fait de savoir comment intégrer dans ce que j’avais prévu au départ ce que le flot de l’écriture a fait émerger de façon imprévue. C’est à la fois la partie la plus ardue et celle qui est la plus passionnante. Je m’y creuse la tête fréquemment, et certaines idées, certains problèmes d’articulation ou d’intégration, peuvent occuper mon esprit pendant des jours, voire des nuits.

Et au bout du chemin, l’agencement de plus de 650 000 signes donne naissance à une histoire que je pense être la plus fidèle à ce que le rêve a signifié pour moi.

Cette histoire, qui s’étale sur plusieurs époques, depuis la Renaissance jusqu’en 2018, est imprégnée d’amour et de tristesse, de maladie, de malédictions, de trahisons et de loyautés, de colère et de mort, de souffrance et de résilience, de courage et d’amitié, de sentiments fraternels, de réconciliations et de rédemptions.

Pour vous en livrer le résumé de la quatrième de couverture :

De nos jours, plus personne ne croit aux malédictions.

Plus personne ne peut croire que le suicide de Victor, le père d’Alice, alors qu’elle n’était qu’une enfant, ne soit dû à autre chose qu’aux traumatismes qu’il avait vécus lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Plus personne ne peut croire que le mal qui vient à frapper sa mère, Flora, avec laquelle les rapports étaient toujours orageux, ne soit autre chose qu’une affection génétique rare.

Personne, au XXIe siècle, ne croirait que ces faits puissent être reliés entre eux.

Plus personne ne croirait qu’une mystérieuse offense puisse en être à l’origine.

Une offense envers qui, d’ailleurs ?

De nos jours, plus personne ne croit aux êtres féériques.

La couverture

Fidèle à la nouvelle identité graphique que j’ai inaugurée avec la deuxième édition du Choix des Anges, la couverture de Fæe du Logis est conçue comme minimaliste, pour être autant reconnaissable en numérique et en papier. Elle met en avant la typographie du titre, et deux illustrations d’Arthur Rackham (1867–1939) : la forme du satyre qu’il créa pour The Wind in the Willows, de Kenneth Grahame, et l’illustration d’Undine pour le livre éponyme de Friedrich de la Motte Fouqué.

La maquette intérieure

Là encore, j’ai repris l’identité graphique utilisée pour Le Choix des Anges. Le confort de lecture étant pour moi l’un des paramètres les plus importants, j’ai gardé la fonte Paciencia avec une taille correcte, conservé la plus grande marge extérieure par rapport à l’intérieure. Et repris une aération du texte qui permette une harmonie de la mise en page. Je n’aime pas, en effet, les textes qui sont comprimés dans la totalité de l’espace d’une page. J’aime au contraire que les mots soient aussi entourés d’un blanc conséquent.

Maquette de Fæe du Logis, pages de bibliographie et de titre
Maquette de Fæe du Logis, page de titre de partie
Maquette de Fæe du Logis, page de titre de chapitre
Maquette de Fæe du Logis, pages de texte

La publication

Donc, le texte est achevé, mais quand donc pourrez-vous le lire ?

C’est une excellente question.

Étant donné que je me refuse à sortir un livre lors de ce que l’on appelle la «rentrée littéraire», moment où l’on a le plus de chance de le laisser se noyer dans la masse des centaines d’autres œuvres qui sont publiées en même temps, il serait plus logique d’attendre octobre, qui est aussi le «mois de l’imaginaire» depuis quelques années.

Pourtant, j’ai plutôt décidé de la date du 2 novembre 2021.

Pourquoi ?

Simplement parce que j’aime beaucoup les symboles, et que la nuit de Samhain (ou Halloween de nos jours) est le point culminant de l’histoire. Publier Fæe du Logis juste après cette date me semble approprié pour respecter le rêve qui lui a en quelque sorte donné naissance.

Gagner un exemplaire

C’est la deuxième raison à ce délai de presque trois mois.

Je vous offre la possibilité de gagner un exemplaire dédicacé, jusqu’au 31 octobre 2021.

Pour cela, cependant, vous devrez entrer vous aussi dans un Autre Monde, celui de la Tribu des Ptérophidiens et des Ptérophidiennes. Cela signifie vous inscrire à la lettre d’écaille & de plume, et ensuite de répondre au mail de bienvenue en expliquant en 50 mots maximum quelle personne, dans votre vie, aurait pu être un être venu de l’Autre Monde, et pourquoi.

Durant toute cette période, j’enverrai toutes les deux semaines une mini-lettre d’écaille & de plume pour partager les textes que j’aurai reçus, et je les afficherai tous sur une page privée à laquelle seuls les Ptérophidiens & Ptérophidiennes auront accès sur d’écaille & de plume.

Le 1er novembre, en fonction de mon propre avis, mais aussi du vôtre si vous désirez le donner (car vous pourrez voter), le plus beau texte fera gagner à son auteur ou son autrice un exemplaire dédicacé de Fæe du Logis.

Alors à votre plume, votre crayon, votre stylo (ou stylet), à votre clavier, bref, à vous de jouer !

Dans la mémoire du Serpent à Plumes

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